Elections municipales : Le Pouvoir et les partis renvoyés dos à dos en Kabylie

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meeting électoral

KABYLIE (Tamurt) – C’est une véritable et cinglante leçon que sont en train de donner les citoyens de Kabylie aussi bien au Pouvoir machiavélique algérien qu’aux partis politiques qui sont, en réalité, des suppôts du même pouvoir. En effet, une semaine après le coup d’envoi de la campagne électorale pour les élections municipales du 23 novembre, nous avons constaté que, dans les quatre coins de la Kabylie, la population fait preuve d’une grande indifférence.

Les candidats ont tout le mal du monde à mobiliser ne serait-ce que quelques dizaines de personnes pour faire mine de tenir des meetings de campagne. On l’a si bien constaté dans le chef-lieu de wilaya et dans les villages où ces élections ne constituent même un sujet de discussion dans les cafés maures comme cela fut souvent le cas dans les années quatre-vingt-dix et un peu au début des années 2000. Avant que les masques ne tombent et que tout le monde ou presque découvrent que même le FFS et surtout le RCD était loin de véhiculer les aspirations du peuple. Et qu’ils répondaient à la stratégie de domestication et de normalisation de la Kabylie mise en place par le Pouvoir. Autrement, comment expliquer que les militants et cadres les plus sincères, intègres et compétents ont tous déserté les maisons FFS et RCD pour laisser place à une poignée d’arrivistes sans parcours et ayant voyagé dans de nombreux autres partis avant d’y atterrir. Il n’y a que les militants de base des ces deux partis, souvent mal informés et ayant gardé une image très ancienne de ces formations politiques, qui demeurent sincères et croient que le FFS et le RCD représentent vraiment l’espoir.

Or, le fait déjà de prendre part aux élections est une caution inespérée pour le Pouvoir qui ne cherche que ça. Quand bien même le FFS et le RCD remporterait la majorité absolue, le 23 novembre prochain, dans toute la Kabylie, le Pouvoir en sortira gagnant. Car, la seule hantise de ce dernier, c’est le fait que la Kabylie ne vote pas du tout. Mais d’ores et déjà, au train où va la campagne électorale, il y a fort à parier que le 24 novembre prochain, c’est-à-dire le lendemain du scrutin, on découvrira que la majorité écrasante des kabyles n’a pas voté. Une manière de dire encore non à ce Pouvoir qui ne cesse de mener le pays vers l’inconnu.

Tahar Khellaf