Elections présidentielles en Algérie : Qui seront les candidats-lièvres ?

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Said Bouteflika

ALGÉRIE (Tamurt) – Si le nom du futur candidat-Président de la République algérienne sera rendu public par le responsable du FLN le 19 mars prochain, il restera toutefois à connaitre quels seront les autres candidats qui camperont le rôle de lièvres dans cette pseudo-course à la magistrature suprême. En effet, depuis les élections présidentielle de 1995, le scénario a été toujours le même. Le pouvoir présente, en plus du candidat-Président, d’autres personnalités de la scène politique qui joueront le jeu et du coup donneront une caution « démocratique » au Président choisi préalablement par les décideurs.

Pour l’instant, il est difficile de pronostiquer sur la question car le paysage politique algérien a été complètement chamboulé ces dernières années par le clan présidentiel et ce, sciemment. L’objectif étant de fabriquer une toute nouvelle carte politique surtout avec de nouveaux visages qui feront oublier aux algériens les années sombres du terrorisme. Depuis au moins cinq ans, le pouvoir a encouragé par toutes les façons l’émergence de nouveaux visages politiques auxquels il a taillé des costumes d’opposants avec même des partis qui arrivent à « obtenir » des dizaines de sièges à l’APN (Assemblée populaire nationale). On peut citer l’exemple édifiant du président du parti le Front de l’Avenir, le docteur Abdelaziz Belaid, dont la formation a été créée en 2012 et qui compte déjà de nombreux élus aussi bien à l’APN que dans les communes. Abdelaziz Belaid est également très médiatisés notamment par les médias du pouvoir. Agé de cinquante-quatre ans, Abdelaziz Belaid a bien le profil pour camper le rôle de candidat aux présidentielles de 2019 pour représenter le rôle du courant nationaliste ave une touche d’opposant soft, un rôle qu’avait assuré auparavant Moussa Touati du Front national algérien (FNA). Amara  Benyounes, dont le parti, le MPA, a obtenu plus de sièges que le FFS et le RCD aux dernières législatives du 4 mai 2017 a également le profil pour jouer le rôle du candidat kabyle, dont le pouvoir ne peut pas s’en passer afin de conférer une crédibilité pour le scrutin. C’est ce qui expliquerait, d’ailleurs, le fait qu’il n’ait pas été rappelé pour assumer un poste feuille ministérielle.

La débâcle d’Ali Benflis et de son parti aux dernières élections municipales vont sans doute décourager cet ancien Premier ministre pour se porter candidat à moins qu’un clan du pouvoir ne le ressuscite à la dernière minute pour négocier des dividendes, après le scrutin, auprès du nouveau Président. Louisa Hanoune pourrait être la femme-candidate à cette élection car la présence d’une femme est devenue une tradition aux élections présidentielles algériennes. Le grand point d’interrogation : qui sera le candidat du courant islamiste ? Abdelmadjid Menasra pourra bien l’être mais pour l’instant, il reste prématuré pour s’y prononcer même si ce revenant dans le parti du MSP a de grande chances de se présenter pour représenter les barbus dits-modérés. Il est beaucoup plus facile à maitriser par rapport à Abdellah Djaballah par exemple.

Tahar Khellaf