Elections présidentielles de 2019 : Le clan de Bouteflika l’emporte

0
Abdelaziz Bouteflika
Abdelaziz Bouteflika

ALGÉRIE (Tamurt) – Il ne reste presqu’aucun doute. Abdelaziz Bouteflika restera. C’est la lecture que l’on peut faire suite à l’appel d’Ahmed Ouyahia à Bouteflika pour briguer un cinquième mandat. Ahmed Ouyahia, qui était jusque-là très pressenti pour succéder à Bouteflika ou du moins pour en constituer un sérieux concurrent, vient de courber l’échine en annonçant, en sa qualité de secrétaire général du RND, son soutien au président actuel.

Ahmed Ouyahia a appelé, ce jeudi 21 juin, officiellement Bouteflika à briguer un cinquième mandat en 2019. « Il est temps de trancher la question de la présidentielle parce que la prochaine réunion du Conseil national aura lieu en décembre. Le Conseil national va trancher demain mais je peux dire déjà que nous allons appeler le moudjahid Bouteflika à poursuivre sa mission à la tête de l’État », c’est en ces termes populistes dignes d’une véritable dictature, des expressions claires et directes que s’est exprimé Ahmed Ouyahia.

Ce dernier a entretenu, pendant des mois, le silence et le suspens sur la question de la présidentielle. Ce qui confirme que sa posture n’était pas vraiment à l’aise. Un bras de fer et une guerre de clans, parfois féroce, par médias et groupes de partis et d’intérêts interposés, a opposé les différentes parties mais il semblerait qu’encore une fois, c’est le clan de Abdelaziz Bouteflika qui l’emporte pour la cinquième fois. Il est évident que ce n’est pas avec gaieté de cœur qu’Ouyahia annonce ainsi ce choix certainement « imposé ». Mais Ahmed Ouyahia a toujours été un homme qui sait rejoindre le plus fort quand il constate qu’il n’y a plus d’espoir pour déloger ce dernier. Faut-il rappeler qu’il avait soutenu Liamine Zeroual dont il était le véritable bras droit avant de regagner les « Bouteflika », ceci, tout en restant incroyablement en bons termes avec les opposants de Bouteflika, surtout ceux de l’Armée.

Ahmed Ouyahia, et cette caractéristique, tout le monde la lui reconnait, n’a pas d’état d’âme. Il ne faudrait donc pas s’étonner si demain, un basculement de dernière minute survenait et que Bouteflika perd de nouveau cette bataille. Celui qui sera choisi par les plus forts sera également et systématiquement soutenu par Ahmed Ouyahia, par Djamel Ould Abbès et Madjid Sidi Said. C’est la même histoire qui se répète en Algérie depuis 1962.

Tarik Haddouche