Elections présidentielles : Pourquoi Amara Benyounes a peur de soutenir Bouteflika ?

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Amara Benyounes
Amara Benyounes

ALGERIE (Tamurt) – Amara Benyounes, président du Mouvement Populaire Algérien (MPA) et ancien numéro deux du RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie), connu pour ses excès notamment quand il s’agit de « soutenir activement et aveuglément » Abdelaziz Bouteflika fait, cette fois-ci, preuve d’une prudence inhabituelle.

Alors que tous les partis politiques et les organisations qui soutiennent habituellement, les yeux fermés,  Abdelaziz Bouteflika, par opportunisme bien sûr, se sont toutes exprimées en faveur d’un cinquième mandat, Amara Benyounes, lui, n’ose pas sortir de son mutisme au sujet de cette question. Amara Benyounes n’a pas emboité  le pas aux chefs du FLN et du RND ni à tous les autres courtisans du roi.

Par cette attitude, il ne faut surtout  pas croire que Amara Benyounes serait revenu à ses premières amours du temps où il faisait croire qu’il était « un démocrate impénitent ». Loin s’en faut. En effet, le silence de Amara Benyounes concernant l’éventualité d’un cinquième mandat pour Abdelaziz Bouteflika est également motivé par son esprit d’opportuniste chevronné et expérimenté. En effet, Amara Benyounes s’abstient de se prononcer tant que l’option d’un cinquième mandat n’est pas tranchée à 100 % et n’est pas annoncée publiquement. Pourquoi ?

Amara Benyounes craint fort que, s’il annonce le soutien d’un cinquième mandat de Bouteflika, ce dernier ne se présenterait pas. Auquel cas, celui qui prendrait les rênes de l’Algérie en 2019, lui mettrait assurément une croix et de ce fait, le poste de ministre, tant convoité par Amara Benyounes, s’écroulera comme un château de cartes.

Pourtant, compte tenu des expériences précédentes, il ne serait pas du tout étonnant que Amara Benyounes soutienne prématurément Bouteflika puis, à la dernière minute, change de cap et jette son dévolu sur un autre candidat du système, si c’est cette option qui serait adoptée par les décideurs de l’ombre. En tout cas, même si c’est ce n’est pas Abdelaziz Bouteflika qui sera président en 2019, son successeur lui ressemblera à tous points de de vue, faut-il s’en douter ?

Tarik Haddouche