Elections sénatoriales : Rabah Menaoum du FFS l’emporte à Tizi Ouzou

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Rabah Menaoum
Rabah Menaoum

KABYLIE (TAMURT) – C’est finalement le FFS (Front des Forces Socialistes) qui a remporté les élections sénatoriales du 29 décembre 2018 dans la wilaya de Tizi Ouzou. Les premiers résultats suite au dépouillement, effectué hier à 17 heures, font ressortir une large victoire de l’élu du FFS à l’assemblée populaire de wilaya, Rabah Menaoum.

La victoire du FFS dans la wilaya de Tizi Ouzou aux sénatoriales n’ont aucune portée concrète sur le plan politique dès lors qu’il s’agit d’une élection qui n’implique aucunement les citoyens mais plutôt les élus. Il n’ y a donc aucun enjeu réel et la Kabylie reste politiquement guère représentée sur la plan politique ni au niveau local ni à l’échelle nationale puisque le taux de participation des citoyens à toutes les élections reste très minime dans toute la région. Certes, le FFS saisira cette victoire (à Bgayet aussi, c’est le même parti qui a remporté la « victoire » hier) pour clamer qu’il est la première force en Kabylie. Mais il s’agit là d’un raccourci car la majorité écrasante des élections en Kabylie finissent par des résultats où les victoires, si victoire il y a, sont relatives et guère absolues. Secundo, le taux de participation très bas à chaque fois invite les représentants des partis politiques à la décence et à plus de retenue quand ils osent parler de triomphe et de force politique.

Par ailleurs, les observateurs qui ont tablé sur Ouahab Ait Menguellet, candidat indépendant soutenu par plusieurs autres partis politiques ont donc déchanté et la carte politique locale reste la même puisque l’élection du candidat du FFS au sénat est loin de constituer une surprise à Tizi Ouzou. Il y a lieu de noter en outre que sans aucune surprise également, c’est le FLN, l’ex-parti unique, qui a remporté la majorité des sièges au sénat (Conseil de la Nation) à l’échelle nationale. Il est suivi naturellement par le Rassemblement National Démocratique. Quant au deux sénateurs du FFS, ajoutés aux deux autres qui y siègent déjà, ils y seront juste pour maintenir une façade d’une démocratie factice et afin d’amuser la galerie.

Ainsi, d’un parti d’opposition au régime dictatorial, le FFS devient un allié stratégique d’un régime qui sait bien domestiquer les contestataires. Surtout quand il met le prix. Le salaire d’un sénateur frôle les quarante millions de centimes, sans oublier tous les avantages y afférents. Vive la démocratie à l’algérienne. La Kabylie doit absolument prendre son destin en main.

Tarik Haddouche