Elle avait appelé à une marche à Alger le 12 février : « La coordination pour le changement démocratique », une initiative sans consistance démocratique

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ALGÉRIE (Tamurt) – La coordination nationale pour le changement démocratique, récemment créée, après les dernières émeutes en Algérie, a appelé lors de sa réunion du 22 janvier dernier, à l’organisation d’une marche populaire, le 12 février prochain, à Alger.

L’attitude et la composante de cette coordination sont remises en cause par des observateurs après le retrait de quelques initiateurs de la coordination. La question qui se pose sur les objectifs de sa création, durant cette période sensible, est la suivante : s’agit-il d’une initiative authentique, ou bien d’une simple tentative de se repositionner sur la scène politique ?

Le choix de certaines formations politiques est sévèrement critiqué. Le FFS, parti à ancrage kabyle, préfère se retirer. Le parti de Hocine Ait Ahmed, qui était présent durant toutes les premières réunions, qui se sont achevées par la fondation de cette coordination, n’a pas expliqué cette décision du retrait, sauf par des arguments qui ne sont pas très convaincants, pour le moins que l’on puisse dire.

En fait, cette décision du FFS a été motivée par la participation d’un autre parti politique à ancrage kabyle, le RCD, qui a rejoint la coordination. Ce qui montre à quel point les deux partis politiques ne peuvent pas s’unir sur des propositions ou des initiatives communes. On se souvient tous que le parti de Hocine Ait Ahmed, avait conclu des alliances avec des partis politiques, dont la ligne directrice n’est pas particulièrement proche du FFS, et qu’il a préféré tendre la main aux islamistes.

Parmi les nombreuses remarques qu’il faut adresser à cette coordination, qui se proclame du changement démocratique en Algérie, il y a celle concernant la présence de certaines figures politiques, connues pour avoir collaboré avec le gouvernement algérien. Il est difficile de fermer les yeux sur la présence, par exemple, de l’ancien sénateur et ministre de l’Enseignement supérieur au sein du gouvernement algérien, Abdelhak Brerhi, ou celle de Mohammed Baghdadi, ancien secrétaire général du ministère de la Jeunesse et des Sports. Ou encore, celle d’un représentant du PLJ ou celle de Mohammed Saïd, l’ancien candidat aux élections présidentielles de 2009. Il est intéressant de souligner que Djamel Benziadi, le représentant du PLJ, a suggéré à l’assistance l’invitation des partis islamistes à l’instar du mouvement El Islah, fondé par Abdallah Djabellah, et ce afin d’élargir la coordination.

Cette proposition d’inviter des figures islamistes, montre un intérêt au niveau de certaines parties de récupérer cette initiative en faveur du courant islamiste, notamment avec le soutien annoncé du mouvement Rachad à la décision d’organiser une marche populaire à Alger.

Malgré la bonne foi de certains membres de cette coordination, cette dernière tolère la marginalisation politique vis-à-vis d’autres importantes forces politiques. En Kabylie, le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie n’a même pas été pour donner son avis et sa vision sur la crise que le pays traverse actuellement. Et pourtant, il n’est un secret pour personne que le MAK, d’essence pacifique, laïque et démocratique, est un acteur politique majeur en Kabylie et dont les échos dépassent l’Algérie !

Si l’initiative annoncée par la coordination du changement démocratique en Algérie veut rester crédible, elle doit absolument revoir sa copie, en invitant les véritables forces politiques qui représentent la population, que se soit en Kabylie ou dans le reste de l’Algérie. Un débat contradictoire et sincère devra être organisé pour diagnostiquer la crise politique que le pays traverse, au lieu de garder la formule actuelle, qui offre à certaines figures connues l’occasion de se repositionner et entamer une véritable course au leadership ou de récupérer une virginité politique perdue.

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