Elle était contre l’indépendance de l’Algérie : L’association des Ulémas s’oppose à Tamazight

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Ulémas
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TAMAZGHA (Tamurt) – Les oppositions à la reconnaissance politique concrète et à la généralisation de la langue Tamazight en Algérie se poursuivent et se ressemblent. Après plusieurs déclarations publiques de « personnalités » où elles ne cachent pas leur hostilité à Tamazight (langue, culture, histoire et identité), la dernière sortie médiatique enregistrée dans le même sillage et dans le même sens n’est autre que celle du porte-parole de l’association des Ulémas algériens (de Abdelhamid Ibn Badis, faut-il le rappeler), en l’occurrence, Abdellatif Sifaoui. Ce dernier, à l’instar de ses ainés a su maquiller ses positions pour ne pas devoir s’expliquer.

Mais l’objectif de ses propos sont on ne peut plus clairs. Il préconise ainsi que la question de la reconnaissance politique de la langue Tamazight soit soumise à une fetwa. Pourquoi ? Parce que, répond cet illuminé, il s’agit d’une question qui concerne tous les algériens. En réalité, une telle affirmation médiatique ne fait que refléter la position hostile de l’association des Ulémas algériens concernant l’utilisation de tout autre langue, en dehors de l’arabe et de tout autre religion, hormis l’Islam. Il s’agit de l’essence même de cette association que le pouvoir algérien ne cesse d’encourager car, avec sa politique abrutissante d’unicité de pensée, elle ne fait que contribuer à brouiller les choix du peuple algérien pour permettre aux gouvernants de se maintenir éternellement. D’ailleurs, le 16 avril, date de la mort de Abdelhamid Ibn Badis est celle que le pouvoir algérien a choisie pour la décréter journée nationale du Savoir !

On constate bien où de tels choix idéologiques ont mené l’Algérie. Et malgré ce bilan, les détenteurs de l’association des Ulémas persistent et signent pour continuer leur sale besogne en s’en prenant cette fois-ci à la langue Tamazight. Pour rappel, la position de la même association lors de la guerre d’indépendance était sans équivoque. Les Ulémas étaient contre la lutte du FLN-ALN pour l’indépendance mais après 1962, c’est eux que le pouvoir a choisi pour y bâtir ses fondations et sa dictature. D’ailleurs, n’est-ce pas le même Ben Badis qui a écrit le célèbre « hymne » qui stipule clairement que « le peuple algérien est musulman et qu’au monde arabe il appartenait ». Une attitude contraire à l’égard de Tamazight de la part de ces Ulémas aurait étonné.

Tahar Khellaf