Enlèvements en Kabylie – Enlèvements et stratégie politique

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Les kidnappings en Kabylie restent une énigme. Pourquoi cette région est la première grande victime des rapts? Les avis divergent sur ce sujet. Chacun propose son analyse pour essayer d’expliquer ce phénomène qui terrorise toute la région. Mais tout le monde s’accorde à dire que le pouvoir n’a rien fait pour améliorer la situation sécuritaire dans la région et, du coup, c’est l’économie de la Kabylie qui est visée. Le laxisme des services de sécurité, pour ne pas dire leur implication indirecte, n’est plus à démontrer. La population est livrée à elle-même.

Depuis 2005, plus de 70 personnes ont fait les frais des enlèvements dans les quatre coins de la Kabylie. Jamais les services de sécurité n’ont levé le petit doigt. Il y a du laisse faire alors qu’ils sont omniprésents dans les moindres recoins de la région. Quelle est leur mission s’ils ne sécurisent pas les populations et leurs biens ? Le pouvoir souhaite voir la situation en kabylie s’aggraver et sa démarche machiavélique semble réussir.

Cependant les temps changent. Les conjonctures politiques aussi. Tout va bien jusqu’au jour où le pouvoir Algérien a protestée à l’ONU afin de réclamer la criminalisation de versements de rançons dans le Sahel aux organisations terroristes par certains pays européens pour libérer leurs otages, en 2009. L’Algérie officielle a avancé comme argument, que le versement de ces rançons permet aux terroristes s’armer de moyen de guerre les plus sophistiqué. Un argument qui tiendrait surement la route si l’Algérie ne finançait pas elle aussi le terrorisme.

Les diplomates algériens ont été remis à leur place : «Pourquoi tolérez-vous les versements de rançons par de pauvre citoyen aux terroristes lorsqu’il s’agit de la Kabylie alors?», a demandé un journaliste européen au ministre des affaires étrangères algérien. Ce dernier est resté bouche-bée, nous raconte un confrère. L’Algérie officielle n’a plus les moyens de cacher ses positions politiques envers la Kabylie. Le pouvoir central d’Alger est le premier à fermer les yeux sur les enlèvements en Kabylie. Ses services, dit de sécurité, n’interviennent jamais pour venir en aide à une population en détresse mais s’abstient de commenter ses versements qui s’élèvent à des milliards de centimes aux terroristes. C’est bien donc l’état algérien qui permet aux groupes armés de s’enrichir et d’investir entre autre dans les armes.

Voilà comment l’Algérie finance le terrorisme. Nous pouvons parler de secret de polichinelle. L’Algérie a toujours maintenu sa demande concernant la criminalisation de versement de rançons auprès de l’ONU. Au lieu d’intervenir et de mettre fin aux kidnappings en Kabylie, les services de sécurité trompent l’opinion nationale et internationale. Ils font croire, à chaque kidnapping, que la population se mobilise pour libérer l’otage sans paiement de rançon. Le DRS manipule les comités de villages pour se mobiliser, puis le reste est l’affaire de la presse qui est à ses ordres, surtout lorsque l’on sait que’un Journaliste qui manie à sa guise la presse arabophone à de Tizi-Ouzou étaient un ancien gendarme.

Pour rappel le premier rapt, soit disant sans versement de rançon, date de 2009 et il avait eu lieu dans la commune d’Iflissen. Depuis les champions de la manipulation que sont les services de sécurité, récidivent dans les affaires d’enlèvements régulièrement.« La victime est libéré sans contrepartie », scande la presse en UNE pour chacune des libérations d’otage. En réalité tout le monde sait que les parents de victimes versent bel et bien des rançons en échange de la libération des victimes. Le pouvoir Algérien en a bien conscience et en profite. Nous sommes pris dans un cercle vicieux : les Kabyles, quant à eux, sont victimes à double titre, victime du terrorise et victime des manigances de l’état algérien. Pourquoi tant d’acharnement envers une région qui a donné les meilleures d’elle-même et de ses enfant pour toute l’Algérie?

De Tizi-Ouzou, Youva Ifrawen