Enlèvements et assassinats en Kabylie – La politique de deux poids deux mesures du pouvoir d’Alger

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La position prise par le pouvoir central d’Alger concernant l’affaire du dernier enlèvement et assassinat en Kabylie, actes commis sur la personne de Aghilès Hadjou, renseigne une fois de plus sur l’hypocrisie des décideurs. La population de la région s’est étonnée de la médiatisation et la considération accordée par les hauts responsables politique à cette affaire, alors qu’ils ont gardé un silence, qui n’est autre que complice, vis-à-vis des 71 autres cas de kidnappings enregistrés en Kabylie depuis la fin de l’année 2005.

Les citoyens de Kabylie s’étonnent même de la célérité avec laquelle la gendarmerie a arrêté les meurtriers, alors que les services de sécurité n’ont jamais soufflé un mot lorsque les autres victimes sont exécutées ou leurs proches étaient contraints de verser d’inestimables rançons contre leur libération. Ce sont les citoyens, avec les mains nues, qui se sont, à chaque fois mobilisés pour dénoncer les rapts et surtout exiger la libération des otages.

Le revirement des services de sécurité s’explique, tout simplement, par le fait que c’est une affaire qui n’a rien à avoir avec le terrorisme. Une manière de faire croire à l’opinion internationale que ce sont les Kabyles qui s’entretuent entre eux. Pourquoi les services de sécurité n’ont rien fait pour les autres victimes d’enlèvements ? La réponse est claire comme l’eau de roche. Les autres cas sont l’œuvre de terroristes islamistes. Tout porte donc à croire que, soit l’Etat est impuissant devant le terrorisme ou bien il laisse faire le terrorisme, ce qui est une complicité incontestable.

« C’est vraiment étrange de voir la ministre de la solidarité se déplacer en Kabylie dans le cas du dernier enlèvement. Pourquoi pour les autres cas, et depuis 2005, aucun responsable n’a daigné souffler un mot sur les autres victimes ? », se demande un citoyens d’Azeffoun.
D’ailleurs, croyant que le crime d’Azeffoun est considéré comme les précédents en Kabylie, le chef de la daïra d’Azeffoun n’a même pas assisté à l’enterrement. Il a préféré renter chez lui, dans la région de l’ouest d’Algérie, pour passer la fête de l’Aïd avec ses proches.

L’autre seule affaire élucidée, est celle de l’assassinat de l’entrepreneur des travaux publics, Hend Slimana, le 14 novembre 2010 à Aghribs. Les 12 auteurs sont d’ailleurs condamnés à des peines allants jusqu’à la peine de mort. Mais dans cette affaire, un gendarme dénoncé pourtant par les auteurs du crime demeure toujours protégé par la justice et il n’a jamais été cité dans l’affaire. La justice a jugé seulement les criminels de la région de la victime. Le juge a tout fait pour écarter la complicité des groupes armés et des services de sécurité dans affaire.

Izem Irath