Entraves à l’enseignement de tamazight à Bouira et à Azazga : Le comité autonome pour la défense et la promotion de l’enseignement de tamazight exige réparation

5

KABYLIE (Tamurt) – L’enseignement de tamazight, même dans les wilayas de la Kabylie, ne cesse de connaître des entraves de la part de personnes dont le zèle n’a d’égal que ce désir d’exécuter les ordres de leurs maîtres à qui ils « renvoient l’ascenseur » pour mieux chauffer leurs chaises en montrant leur haine envers cet enseignement qu’ils essaient de bloquer en ayant recours aux méthodes les plus viles et les plus honteuses.

Devant ce qui vient de se passer ces derniers jours, notamment au lycée Sahoui Aldjia d’Azazga, le comité autonome pour la défense et la promotion de l’enseignement de tamazight n’est pas resté les bras croisés. Dans un communiqué émanant de ce comité, composé d’enseignants de tamazight, de parents d’élèves et autres acteurs de la société civile, et dont une copie nous a été transmise, les signataires constatent d’emblée que « les responsables administratifs chargés de l’éducation et de la formation en Algérie ne finissent pas avec leurs pratiques discriminatoires et méprisantes envers la langue tamazight ». Pour étayer leurs dires, il citent le cas, en particulier, du directeur de l’éducation de Bouira (DE) et du proviseur du lycée Sahoui Aldjia d’Azazga.

Pour le premier, le DE de Bouira, ajoute le communiqué « il tient la place de leader dans cette démarche, il n’a même pas daigné exprimer la demande en postes budgétaires pour la langue tamazight, de ce fait, aucun concours de recrutement des enseignants n’est organisé depuis deux ans dans cette wilaya malgré la demande pressante des parents et des élèves ». Ceci, constatent encore les rédacteurs bien que, Benbouzid, ex-ministre de l’éducation nationale, ait déclaré lors de sa visite à Bouira en juin dernier, que « les postes pour tamazight sont systématiquement ouverts à condition qu’ils soient demandés par les directions d’éducation ».

Ils ajoutent, à titre d’information que, interpellé par le Collectif autonome pour la défense de l’enseignement de tamazight de Bouira en date du 26/09/2012, ce DE a tenu à répondre par une conférence de presse animée au siège de sa direction en disant que « pour le cas de tamazight, celle-ci ayant un caractère facultatif, il n’était pas possible de l’inscrire lors de ce concours ouvert pour les matières qui en ont un caractère obligatoire».
« Quelle discrimination ! Nous ne savons pas d’où ce responsable a tiré cette loi interdisant, encore une fois, d’inclure tamazight dans la nomenclature des concours à pourvoir ? Les DE de Béjaia, Tizi-Ouzou, Bordj Bouareridj et Boumerdes sont-ils aussi bêtes pour l’ignorer ? Toutefois, ce DE s’est engagé, pendant sa conférence, à organiser un concours à part pour l’ouverture de 15 postes pour tamazight dans les prochains jours » est-il ajouté et d’annoncer qu’à « ce jour, et nous sommes à quelques jours de la fin du premier trimestre, aucun concours n’est organisé ».
Pour ce qui est du deuxième, le proviseur du lycée Sahoui d’Azazga, les rédacteurs du communiqué précisent que ce dernier « n’a pas trouvé mieux pour satisfaire le vœu d’un ou deux parents dont leurs enfants ont obtenu de très mauvaises notes dans le 1er devoir de tamazight que de passer en tournée dans toutes les classes de 1er AS, et tenez-vous, en pleine composition de tamazight, pour leur annoncer ce qui suit : « Ecoutez, ne vous inquiétez pas, si vous arrivez à obtenir 10/20 ou plus, la note vous sera comptabilisée, dans le cas contraire, elle ne sera pas prise en compte ».
Ils se demandent aussi si ce responsable avait « mesuré au préalable la gravité des conséquences avant de commettre sa bourde » en joutant « s’avait-il qu’il peut semer le doute même parmi les élèves dévoués quant au sérieux et l’intérêt d’apprendre leur langue maternelle ? ». « En plus de ce dépassement gravissime, ce responsable est le seul sur le territoire de la wilaya de Tizi-Ouzou à ne pas respecter le volume hebdomadaire octroyé à tamazight qui est de trois heures » dénoncent-ils encore.

Devant ces faits gravissimes du reste, les membres du collectif ont, en plus d’avoir condamné avec la plus grande fermeté les agissements des deux responsables, réclamé réparation par « l’organisation d’un concours pour le recrutement des enseignants à Bouira dans les meilleurs délais », « la prise en compte de toutes les notes de tamazight obtenues aux devoirs et aux compostions par les élèves du lycée d’Azazga quitte à refaire l’examen à ceux qui ont rendu des copies vierges après le forfait du proviseur » et « la prise de sanction à l’encontre des tout responsable transgressant les textes réglementaires régissant l’enseignement de tamazight, notamment la dernière circulaire portant sur la progression pédagogique datant de mai 2009 ». Ceci avant de lancer un appel à tous les militants de la cause amazighe à participer aux actions qui seraient programmées en cas de non satisfaction de des revendications.

Lounes O