Épilogue tragique : Hervé Gourdel décapité par ses ravisseurs

20

KABYLIE (Tamurt) – Hervé Gourdel, le malheureux citoyen de nationalité française, kidnappé dimanche dernier par un groupe d’hommes armés sur les monts de Tikdjda, a été décapité dans l’après-midi d’hier par ses ravisseurs.

Le capitalisme financier français et son porte-parole, François Hollande, savaient naturellement que l’innocent guide de montagne allait être exécuté et sans doute de la manière la plus violente, à savoir la décapitation. Et bien sûr, comme il fallait s’y attendre, François Hollande, Manuels Valls et d’autres personnages de haut rang comme le député UMP de Paris, Pierre Lellouche, ont fait semblant d’être affligés par cet assassinat.

C’est à partir de New York que le président de la république française s’est exprimé sur cet assassinat en le qualifiant de « lâche et de barbare ». A croire qu’il existe des assassinats qui ne soient pas lâches et barbares.
La grande question est de savoir cependant dans quelle stratégie s’inscrit l’assassinat d’Hervé Gourdel. Selon ses exécuteurs, la mort du malheureux guide de montagne trouve justification dans le refus de la France de renoncer à son intervention militaire en Irak.
Pour Paris cependant, plus exactement le capitalisme financier français, la décapitation d’Hervé Gourdel constitue « une raison » de plus pour que la France intervienne en Irak, pays dont la célèbre armée d’élite, la Garde Républicaine en l’occurrence, a été formée et entraînée par des instructeurs militaires français.

La question pertinente est de savoir les véritables motivations de la France dans son intervention en Irak. Après avoir été les dindons de la farce après la chute du régime de Saddam Hussein, puisque le marché pétrolier – le plus important – a été entièrement accaparé par les Américains, les Français ont tiré bonne leçon. Plus jamais ça !

Aujourd’hui, et toujours à la lumière du cahier des charges des Américains, les Français, forte de son atout dans la manche par rapport à la question de l’Union Européenne, ont exigé de Washington leur part du marché. Un marché bien juteux. Le cahier des charges ne porte pas seulement sur le pétrole, mais aussi sur le bâtiment, l’infrastructure routière, la téléphonie et tant d’autres créneaux tout aussi garants de rente financière. A cela s’ajoute le marché irakien qui s’ouvrira aux Français.

Par ailleurs, cette pseudo guerre de l’Occident contre « l’Etat islamique qui persécute les chrétiens » sera une très belle occasion pour la France de faire du marketing pour son arsenal de guerre, les avions de combat notamment. Eh ben oui, la France tient absolument à avoir une place dans le commerce de l’armement, qui juste là reste la chasse gardée des Américains et des Russes.

Cette destruction à considérer d’ores et déjà comme massive assure pour la France, réitérons-le, au moins deux atouts. Le premier : la preuve de l’efficacité de ses avions de combats ; donc des clients potentiels en vue. Le second : l’obtention du marché de la reconstruction des bâtiments et édifices détruits, une reconstruction qui se fera sur le dos des contribuables irakiens. Ce sont là des raisons qui apparaissent exogènes. Il reste à découvrir encore d’autres motivations de la France, endogènes celles-là.

La France, pour des raisons de prestige, veut faire l’expansion de son influence au-delà de l’Afrique et du Proche-Orient. Et pour que ces objectifs soient atteints, il faut des sacrifices. La vie d’un citoyen français, même Français de souche, ne compte pas devant plusieurs centaines de milliards d’euros en jeu.

COMMENTER

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici