Est-ce que Benbella est aussi un imposteur ? – Benbella : Premier président usurpateur du pouvoir ?

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CONTRIBUTION (Tamurt) – Selon l’article 39, aliéna 3 de la constitution de Benbella de 1963 (Journal officiel N°64 du 10 septembre 1963), « tout musulman, Algérien d’origine, âgé de 35 ans au moins et jouissant de ses droits civils et politiques peut être élu président de la république ». Quant à l’aliéna 2, il précise qu’ « il est élu pour cinq ans au suffrage universel, direct et secret, après désignation par le parti. »
Voici les conditions pour être candidat et être élu président de la république.

Est-ce que Benbella a rempli toutes ces conditions pour être président légal et légitime?

A ma connaissance et jusqu’à preuve du contraire, Benbella n’a jamais rempli toutes ces conditions. D’abord, je n’ai trouvé aucun document mentionnant que le parti a désigné Benbella pour être candidat. Ensuite, il y a la notion d’Algérien d’origine, telle que définie par l’article 6 de la loi sur la nationalité de 1963, à savoir être né d’un père algérien, d’une mère algérienne et d’un père inconnu, d’une mère algérienne et d’un père apatride.
Maintenant que nous savons depuis plusieurs années déjà que les parents de Benbella, selon ses déclarations sont nés au Maroc, c’est-à-dire qu’ils sont marocains de naissance et éventuellement algériens de nationalité, Benbella n’est pas un Algérien d’origine. Il n’a que la nationalité algérienne acquise en vertu de l’article 3 qui la subordonne à la répudiation de sa nationalité d’origine, à savoir la nationalité marocaine. Mais ceci est un autre sujet. Une chose est confirmée, Benbella n’a pas la nationalité algérienne d’origine et ne remplit pas une autre condition pour être président de la république légal et légitime.

IL y a une troisième condition, à savoir celle d’être élu. Or Benbella était le seul candidat. Dans ce cas, il ne peut y avoir d’élection, mais de désignation plébiscité par le peuple.

Selon les conditions que Benbella a fixées pour lui, il ne pouvait pas devenir président de la république, car il ne réunissait pas les conditions légales et constitutionnelles. Il n’est pas un président légal et légitime, mais un président de fait ou de facto, c’est-à-dire un président illégal et illégitime. Dans ce cas, c’est un usurpateur du pouvoir, le premier usurpateur du pouvoir et non pas le premier président de la république.

Benbella: l’homme du néo-colonialisme

Cette usurpation du pouvoir par Benbella n’a été possible que par le soutien politique de l’EMG, dirigé par Boumediene qui a mandaté Bouteflika de choisir, en France, le nouveau valet de la France, une fois l’indépendance acquise. Ceci sur le plan interne. Sur le plan externe, Charles de Gaulle voulait liquider le GPRA qu’il ne reconnaît pas. Krim Belkacem a signé les accords d’Evian au nom du FLN, malgré qu’il fût ministre du GPRA.

Cette tactique de Charles de Gaulle allait être appliquée à la lettre par Benbella qui a phagocyté le CNRA et le GPRA. D’où l’usurpation du pouvoir, y compris la mainmise sur le FLN par usurpation.

Dans son entretien avec Robert Merle, publié en 1965 chez Gallimard, Benbella relate sa décoration par De Gaulle après la campagne d’Italie:« c’est peu de temps après la prise de Rome que je fus décoré de la médaille militaire. J’ai reçu depuis le début de la campagne, quatre citations, dont deux à l’ordre de l’armée…En épinglant la médaille sur ma poitrine et en me donnant l’accolade, le grand homme d’Etat ne se doutait guerre qu’il avait devant lui l’homme qui allait présider, dix-huit ans plus tard, aux destinés de la république algérienne indépendante».

Selon cette version des faits de Benbella, c’est De Gaulle qui le prépara pour usurper le pouvoir après l’indépendance. Elle est confirmée par le témoignage d’Olivier Long, dans son livre « le dossier secret d’Evian » publié par OPU en 1989, où il écrit : « On m’a glissé dans le creux de l’oreille, au Signal-de-Bougy, que Benbella sera vraisemblablement le chef du premier gouvernement de l’Algérie indépendante». Cela se passait juste après sa libération en mars 1962 après les accords d’Evian.

Ce choix français de Benbella est confirmé par les actes des autorités civiles et militaires français en Algérie. Selon Rédha Malek, dans son livre « l’Algérie à Evian », le commandant en chef français avait mis à la disposition de Benbella un hélicoptère pour ses déplacements afin de préparer l’usurpation du pouvoir. De son côté Jeanneney, ambassadeur français, versa 500 millions de francs à Benbella, somme confisquée par les autorités françaises au FLN. C’est donc la France qui organisa l’usurpation du pouvoir pour le compte de nouveau valet Benbella qui a fait couler le sang des Algériens pour accéder au pouvoir avec le soutien de nouveaux domestiques, devenus la nouvelle élite. Elle est au pouvoir à ce jour.

Le FLN n’avait pas de bureau politique

Selon les articles 35 et 36 des statuts du FLN historique, c’est le CNRA (Conseil National de la Révolution Algérienne) qui désigne un bureau composé de trois membres, pour l’intercession, et renouvelable à chaque session suivante. Ce bureau est tenu de convoquer le CNRA en session ordinaire et en session extraordinaire à la demande des deux tiers des membres de l’Assemblée.

Le chapitre III des institutions provisoires de l’Etat algérien est réservé au bureau du CNRA, auquel trois articles sont consacrés. Ce sont les articles 19 à 21. Reprenons-les:

Article 19: le CNRA désigne un bureau, composé de trois membres, pour l’intersession et renouvelable à chaque session.

Article 20: Ce bureau est tenu de convoquer le CNRA en session ordinaire et en session extraordinaire à la demande des deux tiers des membres de l’Assemblée ou à la demande du gouvernement.

Article 21: A la demande du gouvernement, et dans les formes déterminées par celui-ci, le bureau donnera son avis sur toute question qui lui sera soumise s’il le juge utile, l’avis donné par le bureau n’engageant pas le CNRA. Le bureau peut, s’il le juge utile, signaler au gouvernement toute situation particulière et lui faire toutes suggestions utiles.

Tous ces articles confirment que le FLN historique n’avait pas de bureau politique, mais un bureau du CNRA, dont les missions sont clairement définies. Ce bureau qui assure le secrétariat est désigné par le CNRA.

A la suite du coup d’Etat de 1962, qu’a fait le nommé Benbella. Il a désigné un bureau politique et a coopté ce qu’il voulait coopter, c’est-à-dire qu’il a usurpé le pouvoir du CNRA. Benbella est devenu le CNRA par sa propre volonté. Là aussi, c’est un usurpateur. Il n’a ni légitimité, ni légalité.

Qui a dénoncé l’OS aux autorités coloniales?

Les archives rendues publiques ont révélé que c’est Benbella qui a dénoncé l’existence de l’OS aux autorités coloniales. C’est l’ex-président du GPRA, Benkhedda qui, dans son livre « aux origines du premier novembre 1954 » a joint en tant qu’annexe le procès-verbal d’audition de Benbella par Havard Jean, commissaire de la police des renseignements généraux, officier de la police judiciaire, auxiliaire du procureur de la république le 12 mai 1950. (Voir l’intégralité du PV, dans les origines du 1er novembre 1954, 3ème édition, Houma, annexe 37, p.368 à 379). Il dénonça Ait Ahmed, appelé Madjid et Khider, député du MTLD. C’est cette délation qui a permis aux autorités coloniales de procéder à l’arrestation de plusieurs membres de l’OS et leur traduction devant les tribunaux de Blida, Annaba, Oran, Bejaia, etc. A ce jour, cette histoire n’est pas encore écrite, car les archives ne sont pas encore consultées, étudiées et rendues publiques.

Dans ce procès-verbal, Benbella reconnaît que le coup de la poste d’Oran était conçu et imaginé soit par Ait Ahmed, soit par Khider. Quant à lui, il n’était qu’un chargé de mission.

Pourquoi, veut-il s’approprier des actes héroïques qui ne sont pas les siens? Il y a encore des témoins, comme Bouchaib qui a participé à l’action. Est-ce que Benbella est aussi un imposteur?

Une chose est sûre, les hommes de l’OS savaient que c’est Benbella qui les avait donnés aux autorités coloniales. Parmi eux, Abane Ramdane dont le témoignage est rapporté par Ferhat Abbas, dans son livre « l’indépendance confisquée », où il reprenait sa confidence : «Au Caire, en août 1957, lors du 2ème congrès du CNRA, Abane Ramdane me fit un portrait peu flatteur du futur président de la république. C’est Benbella, me dit-il, qui dénonça en 1950 notre organisation spéciale, l’OS; du moment qu’il était arrêté, rien ne devait subsister après lui. C’est un ambitieux sans courage. Pour parvenir à ses fins, il passera sur le corps de tous ses amis. Il est sans scrupule». Ce portrait de Abbane est identique à celui de Boudiaf contenu dans son livre « où va l’Algérie ». Voici comment il décrit Benbella : « Je connaissais depuis fort longtemps les prétentions d’un homme qui ne reculerait devant rien pour accaparer le pouvoir».

Le temps, l’histoire, les faits, les actes de Benbella ont donné raison à Abane et démystifié le faux héros sans acte héroïque aucun, sauf tuer, dénoncer et mentir.

Le premier novembre 1954, Benbella était absent

L’usurpateur du pouvoir, Benbella s’est approprié l’œuvre collective du premier novembre 1954 et en particulier sa préparation et sa genèse. Sans preuve, car il faut le croire, se prenant pour un nouveau prophète, il affirme que le premier novembre 1954, c’est lui.

Ceci est faux, car la genèse du premier novembre 1954 est liée à la dénonciation de l’OS par Benbella. Poursuivis par les autorités coloniales, répudiés par le MTLD, les membres de l’OS ont décidé d’agir en toute autonomie. Le moment propice est venu suite à la crise du MTLD et sa scission en centralistes et en messalistes. Pragmatiques, deux membres de l’OS (Boudiaf et Benboulaid) avec deux autres membres du MTLD ont créé le CRUA (comité révolutionnaire pour l’unité et l’action). Dans le CRUA, il n’y avait pas Benbella. Malgré cette vérité historique, confirmée par plusieurs auteurs (Mahsas, Benkhedda, Yousfi, Kechida, etc), Benbella s’est attribué indûment le titre de dirigeant du CRUA (voir Ahmed Benbella, itinéraire, éditions maintenant, ElBadil, 1987, p.171, où il dit: nous pensions, quant à nous, dirigeants du CRUA). Là aussi, Benbella s’attribue un acte héroïque, où il était absent, comme à la poste d’Oran.

Avant la création du FLN, il y a la réunion des 22, où Benbella était absent. Pourquoi? Les hommes réunis, tous membres de l’OS, dénoncés par Benbella, savaient qu’il est un délateur professionnel. Ils n’ont pas voulu hypothéquer leur initiative.

Par la suite, il y avait la création du FLN, où Benbella était absent, il n’avait aucune responsabilité. Selon le témoignage de Boudiaf, publié dans son livre « où va l’Algérie », il écrivait ceci:« Ce n’est que lors des contacts qui eurent lieu en Suisse par la suite, entre quatre membres du conseil de la révolution (Benboulaid, Ben Mhidi, Didouche et moi-même) et Benbella…que celui-ci s’est rallié à notre point de vue, et a reçu mission de retourner au Caire pour expliquer notre position aux deux autres membres absents de la délégation (Ait Ahmed et Khider), afin de leur permettre de se prononcer à leur tour).
Voilà un témoignage qui prouve que Benbella n’était pas au courant des préparatifs du 1er novembre 1954, et qu’il a reçu une petite mission, celle de boite aux lettres entre les vrais responsables et la délégation extérieure.
Dans le même livre, Boudiaf nous révèle la face cachée de Benbella, à savoir un petit voleur et un incapable. Voici ce qu’il écrit:« Avant le premier novembre aucune arme, aucune balle n’est entrée en Algérie et l’argent fourni par « l’intérieur » et déposé en Suisse bien avant la date du déclenchement, après avoir été allégé de 200.000 Frs pour les besoins personnels de Benbella, est resté en banque au lieu de se transformer en armes. Ceci contredit évidemment les affirmations de l’actuel président. Heureusement des témoins sont toujours en vie pour confirmer ces faits.»

Selon ce témoignage, Benbella est un voleur de l’argent des militants et n’a jamais effectué la mission qui lui a été confiée, celle d’acheter et d’acheminer les armes pour les moudjahidine.

Benbella: indicateur de la sécurité militaire coloniale

Selon le livre « guerre secrète en Algérie » de Henri Jacquin, officier des services spéciaux français, l’homme des coups tordus, le responsable du BEL (Bureau d’Etudes et de Liaisons), basé à Sidi Belabbes, Benbella a été un indicateur de la sécurité militaire coloniale. A ce jour, je n’ai pas lu une seule déclaration de l’intéressé démentant les affirmations de cet officier français.

Ce comportement est propre à Benbella, qui, pris la main dans le sac, préfère le silence complice. Tel est, en tout cas, le portrait que lui dresse Boudiaf dans de telles circonstances, dans son livre testament  » où va l’Algérie », où il écrivait:«Il est presque certain qu’encore une fois Benbella se taira comme il sait le faire chaque fois qu’il est pris la main dans le sac ».

Travestir la vérité, falsifier les faits, taire ses multiples trahisons, se montrer un grand héros sans acte héroïque, telle est la méthode de Benbella, confirmée par un autre fait, celui de sa carrière dans l’armée française.
Dans le livre  » Ahmed Benbella, itinéraire » déjà cité, il dit:« lorsque l’on m’a proposé de rester dans l’armée française en tant qu’officier, j’ai donc refusé et je l’ai quittée.». Cette affirmation sans preuve est contredite par un autre témoignage écrit d’un officier de l’armée française, Abdelkader Rahmani dans son livre « l’affaire des officiers algériens ». Voici ce qu’il écrit : «Ainsi l’adjudant Benbella, héros de l’armée française, a quitté celle-ci excédé des injustices qu’il subissait. Proposé au grade d’officiers à maintes reprises, on lui barré la route en raison de son origine algérienne».

Selon ce témoignage, ce n’est pas Benbella, comme il le prétend qui décidé de quitter l’armée française, mais les officiers français qui ne voulaient pas de lui, le contraignant à partir contre son gré. A ce jour, et à ma connaissance, il n’a pas démenti ce témoignage, fidèle à sa méthode de défense, se taire.

Dissolution du PCA

Pour connaître encore mieux la personnalité de cet usurpateur du pouvoir et de cet imposteur historique, abordons la dissolution du PCA, un parti qui lui était acquis sans condition. C’est donc un parti ami et non un adversaire, un concurrent ou un opposant.

La réalité est que la dissolution du PCA n’est autre que l’exécution du plan de l’OAS contenu dans sa plate-forme d’accord avec le FLN, élaborée par Suzini et proposé à Mostefai, que les dirigeants du FLN et du GPRA à Tunis ont refusée d’approuver.

Selon ce projet d’accord que les historiens officiels du pouvoir n’abordent pas et n’étudient pas, il est précisé au point B 2, consacré aux formes de la vie politique intérieure l’interdiction de tout parti à base raciste ou d’obédience étrangère (ex.PCA) dans la république algérienne.

Comme l’histoire nationale est encore secrète ou enterrée pour être occultée et travestie par les mensonges et les faux témoignages, aucun historien officiel n’a fait le lien entre cette interdiction et l’exécution de la volonté d’une organisation fasciste, l’OAS.

Témoignages de Boumediene, Boudiaf, Abbas

Aussi bien Boudiaf, dans son livre « où va l’Algérie », que Boumediene, dans ses entretiens avec le journaliste égyptien Lotfi El-Khouri ou encore Ferhat Abbas, dans son livre  » l’indépendance confisquée » ont peint le portrait de Benbella. Les trois témoins sont tous d’accord pour décrire les méthodes de pouvoir de cet usurpateur et de cet imposteur. Elles se résument en ceci: arbitraire, illégalité, forces parallèles, terrorisme, mensonges, démagogie, vol des biens publics et en particulier le fonds de solidarité nationale, etc.

Chacun peut consulter ces témoignages, et je reprends un extrait relatif à l’arrestation de Mezhoudi qui était l’invité de Benbella qui l’a livré à ses tortionnaires. Voici ce qu’écrit Abbas:« L’arrestation de Mezhoudi fut particulièrement scandaleuse. Mezhoudi était député…Commandant dans la wilaya II durant la guerre, il assista au congrès de la Soummam….Envoyé à l’extérieur, il a été mon directeur de cabinet à la présidence du GPRA; après l’indépendance, sous Boumediene, il fut ambassadeur au Caire. Il fut invité par le président de la république, avec les autres députés au palais du peuple. Au cours de la réception, Benbella, tout en conversant familièrement avec son hôte, l’entraîne dans les jardins du Palais. Là, il le livre à ses policiers.»
Continuant son témoignage, Ferhat Abbas écrit dans le même ouvrage ceci:« En réalité, les complots dont Benbella prétendait se défendre n’existaient que dans son imagination maladive. Sur tout le territoire national sa police personnelle emprisonnait, torturait et tuait, sans crainte et sans scrupule. Khemisti, ministre des affaires étrangères, fut assassiné à la porte même de l’Assemblée nationale! Il n’appartenait pas au clan d’Oujda qui avait porté Benbella au pouvoir».

L’assassinat de Khemisti était, selon le témoignage de l’usurpateur du pouvoir, motivé par des considérations personnelles, à savoir une vengeance de femme. Ce témoignage est rendu public par la chaîne « Eljazeera » et publié par le journaliste dans un livre intitulé  » le président Ahmed Benbella révèle les secrets de la révolution algérienne ». Il révèle que la victime était native du même village que lui, Maghnia.

En réalité, une étude comparative, confirme que ces secrets ne sont que des affirmations sans preuve, c’est-à-dire du dogmatisme, de la falsification des faits et donc de l’histoire, où l’usurpateur se prend pour l’unique héros national sans actes et pour le seul ange, alors que les autres étaient tous des démons et des sataniques.

Mais l’histoire nationale sera écrite objectivement le jour où l’université algérienne formera des élites et non des domestiques et des valets du système de pouvoir usurpateur de la souveraineté nationale et de l’indépendance.
Ces domestiques, appelés intellectuels, serviles et dociles, partisans des « sciences coloniales », celles de la falsification de l’histoire et des fais, ont toujours légitimé le système de pouvoir usurpateur par leurs écrits et leurs thèses charlatanesques et dogmatiques, où leurs hypothèses ne sont jamais vérifiées. Ils ont même légitimé les crimes et les assassinats des opposants, des adversaires de leurs maîtres du moment, les détenteurs du pouvoir illégitime, au nom de principes douteux et faux.

La preuve de leur servilité et de leur docilité, expressions de leur statut de domestiques du pouvoir, est donnée par l’association de plusieurs universités algériennes pour octroyer le doctorat honoraire à cet usurpateur sans justifier les raisons de leurs actes, ni préciser son apport à la connaissance humaine. Pauvre université qui octroie des diplômes de complaisance au lieu de délivrer des titres académiques d’accumulation des connaissances et du savoir. Pour le cas précise de Benbella, l’université algérienne a accordé un titre pour l’accumulation du charlatanisme, de l’imposture, de la falsification de l’histoire et de l’usurpateur du pouvoir. Quel déshonneur!

Quand la recherche historique sera libre, le faux héros national sera nu et apparaîtra tel qu’il était, un agent du colonialisme et du néocolonialisme. Elle confirmera une loi de l’histoire, celle qui indique que les héros et les traîtres et lâches sont les deux faces de la même histoire. Il suffit de tourner la face des faux héros pour trouver celle des vrais héros que Benbella veut souiller par ses mensonges et ses calomnies, d’autant plus qu’ils sont morts et ne peuvent répondre à ces accusations sans preuve.

L’histoire retiendra que c’est Benbella et son clan qui ont fait avorter les objectifs de la guerre de libération nationale inscrits dans la déclaration du premier novembre 1954. A ce jour, ils ne sont pas atteints, et les Algériens et les Algériennes restent prisonniers de cet état de fait, car ils n’ont pas diagnostiqué avec précision l’origine de leur malheur collectif, de leur mal vie et du manque de libertés individuelles et collectives, car la manipulation et la falsification historiques sont des armes qui continuent de tuer leur conscience collective.

Les fausses identités de Benbella

Dans le livre déjà cité « Ahmed Benbella, itinéraire », il joint une copie d’une fiche signalétique de la police coloniale qui montre clairement qu’il a d’autres identités. Ainsi Benbella Mohamed est dit Hemmided, alias Mebtouche Abdelkader et Méziani Messaoud.

Là se posent plusieurs questions: pourquoi ce prénom Ahmed, alors que dans l’état civil français, ses parents lui ont donné le prénom de Mohamed, comme il l’avoue dans le procès-verbal dressé par le commissaire Havard Jean abordé plus haut.

Selon cette fiche signalétique, il est né le 25 juin 1916. Selon le procès-verbal suscité, il déclare être né le 25 décembre 1916. Dans le livre de Robert Merle « Ahmed Benbella », il lui déclare être né le 25 décembre 1918. Il y a donc trois dates de naissance. Quelle est la vraie? Pourquoi Benbella ne connaît pas sa vraie date de naissance, au moins celle qui est portée sur le registre de l’état civil. Selon l’état civil, il est prénommé Mohamed. Or les Algériens le connaissent sous le prénom de Ahmed. Pourquoi cacher son vrai prénom? Il y a donc deux personnages en un, comme auparavant, il y avait trois dates de naissances pour un ou pour plusieurs? Benbella ne répond pas à ces questions qui ne le tourmentent pas.

Selon le procès-verbal de police déjà cité, Benbella affirme que c’est Khider qui lui a procuré une fausse pièce d’identité pour échapper à la police sous le nom de Mebtouche Abdelkader. Or la fiche de police lui donne une autre fausse identité celle de Méziani Messaoud. Qui lui a donné cette nouvelle fausse identité? Quand? Pourquoi? Benbella ne dit rien. Est-ce celle de la sécurité militaire coloniale?

Comme plusieurs questions sont restées sans réponse, devenant des énigmes, des secrets cachés, Benbella ne veut pas se dévoiler, malgré ses voiles qui, enlevés, ont montré sa vraie personnalité que ses actes et faits ont mis en lumière. L’historien peut consulter les archives du journal officiel pour connaître d’autres faits et actes de cet individu.

Telle est la personnalité cachée de Benbella. Or ses nouvelles victimes, Ait Ahmed, Abbane, Boudiaf, sont ses anciennes victimes aussi. Mais ils sont morts en vrais héros, ou vivent en héros. Benbella ne l’est pas. C’est un faux héros avec de fausses batailles. Ait Ahmed, encore vivant, devra méditer longuement son alliance avec Benbella lors de l’accord de Londres qui a coûté la vie à Mécili, sans que Benbella réagisse et demande justice, d’autant plus qu’il est l’allié privilégié de Bouteflika. Cet accord de Londres a ressuscité un cadavre politique, devenu un vampire qui jouit de sa proie privilégiée, le sang des Algériens et des Algériennes.

Si l’histoire nationale se libère, le peuple algérien découvrira le rôle réel de ce monsieur dans l’usage du terrorisme en tant que méthode politique des gangsters et des voyous, terrorisme imputé à des groupes islamistes, alors qu’il le père spirituel de l’islamisme (voir ses entretiens publiés par El Badil, Benbella, itinéraire, et Benbella revient de Jean Picollec).