État de piège à Alger

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CONTRIBUTION (Tamurt) – Le FFS, qui se contente de revendiquer dans l’inertie depuis de nombreuses années, accuse le pouvoir d’instrumentaliser l’administration de la wilaya d’Alger, le RCD de collusion avec le DRS et de velléités de récupération de la protestation populaire à son seul profit.

Le MAK quant à lui trône à des années-lumière de cette opposition politique kabyle « algérianiste » qui semble s’être définitivement encroûtée dans des revendications que trop de différences culturelles et ethniques ont rendues obsolètes depuis belle lurette. Bien que le MAK soutienne la jeunesse kabyle et algérienne dans leur révolte contre le système en place, il ne considère plus rentable de disperser ses énergies à émanciper des populations arabophones incapables d’embarquer dans le sillage de la révolte permanente kabyle.

C’est, du reste, ce constat amer, qui fut à l’origine de sa fondation dans les conditions sanglantes du Printemps 2001, consacrant la rupture avec une Algérie indifférente à la répression en Kabylie quand elle n’était pas complice d’actes répressifs, comme à Alger, lors de la marche historique du 14 juin. Le mouvement de Ferhat Mehenni maintient donc sa pression à l’intérieur et à l’extérieur en revendiquant avec plus de force l’autonomie de la Kabylie.

Les populations Kabyles et Algériennes quant à elles regardent tout ce beau monde avec une adhésion mêlée, par endroit, de circonspection, d’incompréhension, mais surtout d’un désir certain d’en finir avec un régime que le FFS présente dans son dernier communiqué comme un monstre invincible pour justifier, sans doute, sa léthargie, lui qui pouvait pourtant mobiliser la Kabylie entière dans le passé, avant l’accession de Karim Tabou à la tête du Parti.

De quoi demain sera-t-il fait au pays des généraux ? Personne ne le sait bien sûr, mais tout le monde subodore un bouleversement de l’équilibre des forces, sinon la chute, à terme du régime de Bouteflika.

Un régime qui gouverne sans partage par la volonté d’omnipotence d’un monarque dissimulé sous le costume d’un chef d’État et de services secrets plus orientés vers le contrôle stalinien des populations et la pérennisation des privilèges des gouvernants au détriment du bien-être des populations et de l’avenir du pays.