Evénement : Une nouvelle répression en Kabylie aurait des conséquences fâcheuses

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KABYLIE (Tamurt) – La conférence est inaugurée par une introduction du président de l’association Mas Masin Ferkal. Il est revenu sur les raisons qui ont motivé son organisation à marquer le coup en invitant l’une des figures de proue de la revendication kabyle.

Mas Ferhat Mehenni est revenu sur son parcours au sein du mouvement culturel berbère avant de rappeler les origines profondes des revendications identitaire et linguistique de la Kabylie. Il a aussi explicité le tournant opéré en 2001, après les massacres du Printemps noir; d’une revendication globale à une revendication spécifique à la Kabylie. Il a terminé en rappelant le désespoir né des échecs répétitifs de la classe politique kabyle lors de ses grands rendez-vous avec l’Histoire.

S’ensuit alors un débat auquel l’assistance a richement contribué. Les questions ont porté essentiellement sur l’avenir de la Kabylie dans un cadre de liberté. Un militant syndicaliste a abordé la question sociale et les luttes ouvrières en Afrique du nord en général et en Kabylie en particulier. Mas Ferhat Mehenni a répondu en des termes conciliant entre riches et classe ouvrière en relativisant le clivage de classe, car selon lui «… la Kabylie a besoin de tous les Kabyles, chacun avec sa contribution, pour se réaliser… »

Il est revenu sur les voies qui mèneront son mouvement politique à atteindre ses objectifs avant d’aborder le traitement réservé par le pouvoir central aux revendications kabyles: «…Les Etats issus de la colonisation sont illégitimes parce qu’ils sont nés du viol des droits des peuples autochtones les composant… ».

Une ovation particulière s’en est suivie juste après sa réponse à un jeune Kabyle qui doutait de l’efficacité des violences urbaines pour arracher des droits politiques et sociaux : «… en cas d’une nouvelle répression en Kabylie, je cesserai de revendiquer l’autonomie. Si nouveau bain de sang il y a, la revendication autonomiste se retrouvera dépassée et non conforme aux attentes du peuple kabyle… »

Malika Baraka du CERAK, quant à elle, a axé son intervention en prônant la mesure et la sagesse. Elle a rappelé à l’assistance que le pouvoir algérien qui est en ce moment en pleine gestation, n’hésitera pas comme à son habitude d’utiliser la Kabylie comme bouclier humain pour servir ses desseins malsains de domination. Cette imminente cardiologue, a ausi exprimé ses craintes face aux manœuvres du pouvoir algérien à l’encontre de la Kabylie.

Ferkal Masin et Ferhat Mehenni ont rappelé l’action unitaire prévue le 18 avril 2010 place de la République à Paris. Plusieurs associations ont décidé d’unir leurs efforts pour célébrer cette année le Printemps de tous les espoirs .

Ferhat Mehenni a clôturé son intervention par un appel au nom du MAK à une grève générale en Kabylie. Cette grève permettra selon lui la réussite des marches initiées par son organisation politique et prévues le 20 avril 2010 dans les principales villes kabyles. A cette même date est également prévue à Paris un rassemblement devant l’ambassade d’Algérie.