Il existe grâce au sacrifice des hommes comme lui : Le HCA n’a jamais rendu hommage à Matoub

14

ALGERIE (Tamurt) – Tout le monde en Kabylie sait quelle est la mission exacte du Haut commissariat à l’amazighité (HCA) dont le secrétaire général, Assad Si El Hachemi, ne rate aucune occasion pour s’exprimer dans un arabe classique et châtié afin de plaire aux gouvernants arabo-islamiques d’Alger.

Tout le monde sait qu’il s’agit d’une institution budgétivore (qui consomme des milliards de centimes annuellement dans les hôtels et les voyages par avion) créée par le pouvoir juste pour juguler la mobilisation populaire en faveur de la langue amazighe. Le Haut commissariat à l’amazighité reste fidèle à sa ligne de conduite en ne rendant jamais hommage aux grands militants de la cause berbère grâce au sacrifice duquel ce même HCA existe.

Ainsi, depuis sa création en 1995, le HCA  n’a jamais jugé utile d’organiser un hommage à Matoub Lounes qui est incontestablement l’un des plus grands militants de la cause berbère en plus d’être le chanteur le plus populaire et le plus talentueux que la Kabylie et Tamazgha ont enfanté. Il semblerait même, d’après des témoignages de proches d’Assad Si El Hachemi, que ce dernier ne porterait pas dans son cœur le Rebelle et qu’il aurait critiqué Matoub à plus d’une occasion lors de discussions privées.

Et comme pour démontrer à quel point le HCA méprise les hommes libres de la trempe de Matoub Lounes, il organise le 25 juin prochain au théâtre régional de Bougie une banale activité culturelle alors que cette même journée est l’anniversaire du lâche assassinat de Matoub Lounes. De même que dans toutes les publications du HCA et elles sont des centaines, il n’y a nulle trace de Matoub Lounes.

Il faut en revanche reconnaître le mérite de trois anciens cadres de cette institution, à savoir Hamid Bilek, Abdennour Hadj Saïd et Youcef Merahi, qui ont réalisé la traduction en français de tous les poèmes du Rebelle, publiés sous forme de livres en deux tomes édités par les Editions Mehdi et coordonnés par l’universitaire Rachida Fitas, auteur d’un magister sur le Rebelle. Quant au HCA, en tant qu’institution, on peut s’attendre à ce qu’elle rende hommage à Abdelhamid Ibn Badis ou à El Emir Abdelkader mais jamais à Matoub Lounes.

Tahar Khellaf