Face aux caprices de la nature, l’Algérie, un pays très vulnérable

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ALGERIE (Tamurt) – Trente-six (36) heures à peine de chute de neige ont suffi pour nous rappeler que l’Algérie est un pays très vulnérable.

Rien qu’au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou, l’ensemble des mécanismes nécessaires à assurer la vie quotidienne, a été mis à l’inertie totale. Au niveau du chef-lieu de wilaya, le pain a été rationné. Le lait n’a été distribué que ce matin et pas plus que de berlingots pour le client. La pomme de terre qui, d’habitude se vendait à 45 DA le Kg, a été proposée à 75 DA le kg aujourd’hui. A prendre ou à laisser. D’autres éléments reconnus comme « légumes » ont connu également une hausse de prix vertigineuse.

A cela s’ajoutent d’autres désagréments comme la déconnection de l’internet et les coupures fréquentes de l’électricité. Au Lotissement Annane au sud-est de la Nouvelle-Ville, un fil électrique de haute tension est resté toujours allongé tout au long de la chaussée, et ce, trente (30) heures après son signalement aux services de la SONELGAZ.

Au niveau de la campagne, la situation est beaucoup plus désastreuse. Aujourd’hui lundi, beaucoup de travailleurs n’ont pas repris leur travail à cause des routes toujours bloquées par la neige. L’Etat a brillé par son absence totale. Dans certaines communes, ce sont les citoyens qui se sont constitués volontaires pour dégager les voies et les routes. C’est le cas par exemple de la commune d’Agouni Gueghrane, daïra des Ouadhias. Un peu partout dans la wilaya de Tizi-Ouzou, c’est le citoyen qui s’est prix en charge. Cependant, au niveau de certaines régions connues pour leur hauteur comme Aïn El Hammam, Iferhounène, Ath-Yenni etc … où la couche nivale a atteint une épaisseur de plus de 50 centimètres, avec les moyens dérisoires dont disposent les citoyens, leur mission ne devait certainement pas être une sinécure.

Pour celles et ceux ayant eu la malchance de se retrouver dans un état nécessitant une intervention médicale, ils ont dû souffrir le martyr car les services de santé locaux n’ont pas fonctionné tout simplement. Non pas que les professionnels de la santé ont manqué à leurs obligations mais tout simplement, leurs services sont inopérants du fait de l’absence des conditions matérielles indispensables. D’ailleurs, les ambulances ne pouvaient pas circuler à cause de la neige ayant bloqué la route.

Dans les pays où leurs dirigeants sont réellement responsables, en pareilles circonstances, les engins motorisés appelés « chasse-neige » sont mobilisés et assurent l’ouverture des routes de différentes catégories, c’est-à-dire aussi bien les routes nationales que les routes départementales et communales.

Hélas, en Algérie, pays dirigés par des délinquants et des incompétents, la moindre chute de neige cause la paralysie générale. Oui, les délinquants et les incompétents ne tirent jamais de leçon de quoi que ce soit.

En 2005, la wilaya de Tizi-Ouzou a vécu un cas similaire sinon pire puisqu’il y a eu des personnes décédées. Au cours de cette année, le wali de l’époque, M. Hocine Ouadah en l’occurrence, a reçu le bulletin météorologique spécial (BMS) des services de la protection civile. Au lieu d’arrêter des mesures jugées adéquates à la hauteur de la situation attendue, le premier commis de l’Etat de la wilaya de Tizi-Ouzou n’a trouvé mieux à faire que de jeter le document de la protection civile à la poubelle. Motif de ce geste irréfléchi ? Le beau wali n’a pas voulu annuler le rendez-vous amoureux avec sa maîtresse, programmé à l’avance. Tandis qu’il donnait satisfaction à sa libido dans une chambre d’hôtel à l’air conditionné, les habitants de la Haute Kabylie subissaient l’enfer des intempéries. Quand des secours étaient arrivés à Tizi-Ouzou, ils étaient inopérants car les routes menant vers les sinistrés étaient bloquées par la neige. Ce témoignage concernant l’incartade de M. Hocine Ouadah, nous le détenons de la part de beaucoup de responsables régionaux de l’époque. Les plus hauts responsables de l’Etat ont su les raisons d’une telle catastrophe mais au lieu de sanctionner le fautif, ils ont préféré le muter à la wilaya de Blida. A croire que la population blideénne n’avait pas droit à être administrée par une compétence et une honnêteté.

Sept ans après cette dure leçon, les responsables ne semblent pas tirer les leçons. Et selon la chaîne de télévision l’ENTV, tout le nord algérien est durement frappé par la tempête de neige puisque plus de 30 routes nationales ont été coupées. Que peut-on dire alors des routes départementales et communales ? Toute cette mascarade nous rappelle, encore une fois, que l’Algérie est très vulnérable. En effet, il serait bon de conjecturer qu’une tempête de neige semblable à celles de l’Europe de l’Est s’abatte sur l’Algérie durant un laps de temps de deux mois. Quelles en seraient les conséquences ? Tout simplement, l’Algérie serait dépeuplée à 9/I0 de sa population.

Ces petits exemples incitent à déduire que M. Abdelaziz Bouteflika est loin de jouir de compétences nécessaires pour exercer les fonctions d’un chef d’Etat. Et M. Ahmed Ouyahia et ses petits ministres sont à peine qualifiés à exercer les fonctions de petits agents de bureau dans quelque lointaine commune rurale. Avec beaucoup de persévérance et un peu de piston, M. Ouyahia pourrait arriver à décrocher le poste de secrétaire général. Hélas, pour la plus part des Algériens, le rêve n’est même pas permis. Car l’homme juste bon à diriger une équipe d’agents de bureau dans quelque lointaine commune rurale nourrit l’ambition de devenir un jour Chef d’Etat. En effet, bien des observateurs notent que le secrétaire général du Rassemblement National Démocratique (RND) commence à lorgner du côté du fauteuil occupé à présent par Abdelaziz Bouteflika avec un amour égal en intensité à celui d’un jeune pubère envers la tendre croupe de madame sa voisine du palier.

Addenda : Information de dernière minute.

Un jeune homme, âgé d’une trentaine d’années, a trouvé la mort samedi dernier au village de Tizi-Oumalou dans la commune d’Abi-Youcef, daïra de Aïn El Hammam à la suite d’une avalanche de neige. Selon des sources locales, le corps sans vie du trentenaire n’a été retrouvé qu’au cours de la journée d’hier par des passants.

Par Said Tissegouine

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