La famille de Belhassen Trabelsi déboutée en Cour fédérale canadienne

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CONTRIBUTION (Tamurt) – « Belhassen Trabelsi est considéré comme le membre le plus célèbre et le plus corrompu de la famille. Il représente tout ce que les Tunisiens détestent chez les Trabelsi. Il est réputé pour avoir été impliqué dans une corruption de grande ampleur, du remaniement de la Banque de Tunisie à l’expropriation de biens et l’extorsion de pots-de- vin », avait résumé l’ambassadeur des États-Unis William Hudson, dans un câble diplomatique écrit en 2006 et dévoilé depuis par WikiLeaks.

Belhassen Trabelsi, frère de Laila Trabelsi, la femme de Zine el-Abidine Ben Ali
l’ex dictateur tunisien, avait fui son pays en jet privé en janvier 2011 pour atterrir
à Montréal avec son épouse Zohra et leurs quatre enfants. Ayant perdu son
statut de résident permanent en 2012, Belhassen Trabelsi avait immédiatement
demandé l’asile au Canada. À deux reprises, il avait été débouté de cette
demande en janvier 2015 et le 14 avril 2016. Les autorités du pays de l’érable lui
reprochaient son implication dans des affaires de corruption, de blanchissement
d’argent, de manipulation boursière, de détournement de fonds, d’extorsion et de
trafic de pièces archéologiques.

L’ancien baron du régime de Ben Ali, devait être expulsé du Canada le 30 mai
2016. À la surprise générale, le frère de celle qui avait très vite oublié le bruit des
séchoirs pour jouir de l’opulence que lui offrait le pouvoir, ne s’est pas présenté à
l’Agence des services frontaliers du Canada afin de préparer son expulsion.
Selon certaines indiscrétions, il aurait fui en Arabie Saoudite dans un jet privé,
pour rejoindre sa sœur et l’ancien dictateur Ben Ali, surnommé Bac -3 par les
Tunisiens.

Deux mois plus tard, soit août 2016, sa femme Zohra et ses enfants ont pu
obtenir le statut d’exilés politique au Canada. Cependant, la famille de l’oligarque
en cavale n’avait pas accès aux dizaines, voire aux centaines de millions de
dollars amassés par toutes sortes de trafics. La justice canadienne avait agi pour
bloquer les avoirs des membres de la famille en les inscrivant sur la liste des
dirigeants étrangers corrompus. Il leur était donc interdit d’accéder à leur fortune
et d’ouvrir un compte en banque à Montréal. Tous leurs paiements, notamment
pour le loyer et les droits de scolarité des enfants, devaient être faits par une
tierce personne.

La famille a contesté cette décision, d’abord en s’adressant directement au
gouvernement canadien, puis à la Cour fédérale. Sans succès. La Cour fédérale
vient d’avaliser de nouveau le blocage des fonds des membres de la famille
Trabelsi, de peur qu’ils ne blanchissent au Canada l’argent volé au peuple
tunisien. Tunis a même averti Ottawa que le déblocage des avoirs de la famille
nuirait aux relations bilatérales entre les deux pays.

Rappelons que Belhassen Trabelsi,  « avait fait ses études » à l’École nationale
des ingénieurs du bâtiment d’Alger au début des années 1980. Il aurait, selon
certaines sources généralement bien informées, profité de son long séjour en
Algérie pour « faire ses classes » et perfectionner ses techniques d’extorsion et
de trafics en tous genres.

Gaya C