Faut-il diversifier les mouvements indépendantistes kabyles?

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CONTRIBUTION (Tamurt) – Le  MAK, Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie, est crée par  un groupe de militants et intellectuels kabyles en 2001. Ferhat MEHENNI  a présidé ce mouvement autonomiste jusqu’en 2010. Puis  Mohand Larbi Teyyev  de juin 2010 à  août 2011 et Mouloud Mebarki d’août 2011 à  décembre 2011. Bouaziz Ait Chebbib a tenu la présidence du MAK de  décembre 2011 à novembre 2016. C’est sous la présidence de ce dernier que le mouvement a évolué en 2014 de son ancienne forme autonomiste vers l’autodétermination avec l’option indépendantiste.

Ce mouvement a permis la structuration de nombreuses coordinations à travers les villages et villes kabyles. C’est ainsi qu’il a redonné aux kabyles le courage et  la confiance  perdus dans les luttes ultérieures de démocratisation de l’Algérie. Il a suscité   beaucoup d’espoirs au sein du peuple kabyle et a même fait trembler le pouvoir colonial algérien.

Le Gouvernement provisoire Kabylie (GPK) est né le 1er juin 2010 à Paris, il est présidé toujours par la même personne M. Ferhat Mehenni. Ce dernier est la  seule et unique personne qui  nomme et limoge les ministres sans contrôle ou conseil d’aucune organisation  militante élue.

Un climat de méfiance et de suspicion  entre le président du GPK et l’ancien président du MAK Bouaziz Ait Chebbib a commencé en 2014 pour arriver à une situation de crise et de tension en 2015 et se terminer par la démission de Bouaziz en 2016 de la présidence du MAK.

L’arrestation le 27 juin 2017 de Yuva Tala Hammou,  représentant du GPK en Afrique du Sud par la police algérienne a entraîné une grave dissension entre les deux hommes.                                                               Ferhat Mehenni, a accusé l’ex-président du MAK, Bouaziz Ait Chebib, d’avoir livré Yuva Tala Hammu à la police algérienne. Yuva Tala Hemmu « aurait été donné par le clan de l’ancien président du MAK », a-t-il indiqué, dans un communiqué diffusé, sur son site officiel Siwel.
Bouaziz Ait Chebib, a répondu à cette accusation qu’il a qualifiée d’ « appel public au lynchage ». Il a ajouté, dans un communiqué, que « face à cet appel au meurtre, je tiens pour responsable Ferhat Mehenni de toute atteinte qui pourrait survenir sur ma personne ou sur des militants ».

La querelle s’enflamme sur les réseaux sociaux. Un responsable qui accuse et un autre responsable sommé de se taire. C’est comme un tribunal qui prive l’accusé de son droit de défense. De fil en aiguille, les internautes ont fini par saisir le dessin qui se trame derrière cette histoire : Le culte de la personnalité et du zaimisme comme au temps de Mesali Lhadj refait surface et de belle manière. Honnêtement, la Kabylie mérite beaucoup mieux que ce désolant spectacle. Ça ne peux pas continuer comme ça. Je pense que l’apparition de nouveaux partis ou mouvements indépendantistes ne pourrait être que bénéfique pour la Kabylie.

Etant donné que les militants kabyles ont choisi de mener la  lutte de façon pacifique et démocratique, en utilisant les moyens politiques, il conviendrait alors qu’il y ait une diversité de courants et d’opinions dans le MAK et le GPK, or il se trouve que toute dissonance ou idée différente de celle du président est vite combattue. De nombreuse purges ont été opérées plusieurs fois et on privé la cause kabyle de cadres très compétents, souvent  livrés à la vindicte populaire par des accusations de trahison sans preuves ni fondement.

S’il y a une diversité de mouvements indépendantistes, les kabyles choisiront  alors de militer dans le mouvement de leur choix. Ils auront à choisir le mouvement correspondant le mieux à leur idéal de lutte et opteront pour  celui qui leur convient pour mener à bien le combat libérateur, si difficile.

Un bon militant indépendantiste est celui qui adhère aux  programmes et aux idées, en participant aux actions sur le terrain et non pas celui qui  prête allégeance et soutient telle ou telle personnalité contre une autre à partir de son clavier d’ordinateur.

La lutte pour l’indépendance de la Kabylie doit se focaliser sur la création d’un Etat kabyle en commençant par la base et non pas par le sommet. On doit concentrer nos efforts sur le terrain auprès de la population contre l’arabisation et la salafisation et non sur le net.

Les  mouvements indépendantistes sincères seront ceux qui construiront des alliances entre eux pour travailler ensemble afin de construire l’Etat kabyle. Les faux semblants, les zaimistes et les infiltrés sont ceux qui passent leur temps à tirer des flèches sur les autres kabyles.

Yuva  n Tguba