Fête du « Mawlid ennabawi » : Les kabyles indifférents

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Fête Mawlid Ennabawi

KABYLIE (Tamurt) – Les citoyens de la Kabylie sont restés indifférents, lundi, devant la fête dite du « Mawlid ennabawi », correspondant à l’anniversaire de la naissance du prophète arabe, Mohammed. A l’instar donc des autres fêtes religieuses islamiques, celle du Mawlid est totalement passée inaperçue dans toute la région de Kabylie, en dehors de quelques exceptions, comme à Draa Ben Khedda, une ville où on compte quelques centaines de familles d’arabophones, plutôt portées sur les références arabo-islamiques.

Ailleurs, et bien qu’il s’agisse d’une journée chômée et payée, aucun signe ostentatoire ne laissait entrevoir qu’il s’agissait d’une journée de fête religieuse. En effet, les kabyles se détachent de plus en plus des traditions islamiques, notamment durant les deux dernières décennies. Elles sont de moins en moins nombreuses les familles kabyles à pratiquer, par exemple, le sacrifice du mouton lors de la fête de l’aïd el kébir. Quant à l’observation du jeune durant le mois de Ramadan, il est également en nette régression. On en veut pour preuve les campagnes de répression que subissent les non-jeuneurs kabyles chaque année de la part du régime algérien et de la part des illuminés locaux. Le pouvoir algérien fait tout pour cacher cette réalité pour faire croire que la Kabylie est une région entièrement musulmane.

Cette machination vise à faire croire aussi que la Kabylie est comme toutes les autres régions d’Algérie. Or, cette thèse est fausse. Par exemple, dans toutes les régions d’Algérie, les femmes portant le voile dit islamique sont majoritaires. En Kabylie, c’est tout à fait le contraire qui est vrai. Les femmes voilées en Kabylie sont minoritaires. Il y a encore une infinité d’autres exemples montrant que la Kabylie a pris ses distances avec la religion musulmane durant ces dernières décennies, en dépit du fait que le pouvoir fait tout pour l’islamiser afin de la garder sous sa férule. Par exemple, le pouvoir algérien ne cesse de dépêcher sur place son ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aissa qui était à Tizi-Ouzou jeudi dernier.

Tahar Khellaf pour Tamurt