Figure de proue de l’amazighité : Ramdane Achab interdit à Akfadou

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Ramdane Achab
Ramdane Achab

AKFADOU (Tamurt) – Le grand chercheur, auteur et éditeur mais aussi militant exceptionnel de la cause culturelle berbère, Ramdane Achab a été interdit d’animer une conférence à Akfadou, a-t-on appris hier via un communiqué rendu public par les organisateurs. Ainsi, la chasse aux intellectuels kabyles qui n’émargent pas chez le régime politique algérien continue. On se demande jusqu’où ira un tel pouvoir qui a tant peur des intellectuels et hommes de culture qui lui échappent ?

Ainsi, dans le communiqué en question, les organisateurs du café littéraire d’Akfadou précisent que dans le cadre de ses activités visant la promotion du livre, de la lecture, des auteurs, des espaces de débats, de réflexions et d’échanges libres et autonomes, le café Littéraire d’Akfadou vient de se voir interdire l’accès à la salle de la maison de jeunes de la commune, où devait se tenir une rencontre avec l’enseignant, auteur et éditeur Ramdane Achab. « Cette même salle, ajoute les organisateurs, reste pourtant grande ouverte et sans conditions à toutes les activités folkloriques, festives ou laudatrices du pouvoir ». « Le régime liberticide en vigueur dans le pays depuis l’indépendance vient encore de frapper, à travers ses relais locaux, pour museler la parole et la réflexion libres.

Exiger des autorisations soumises au bon vouloir des autorités exécutives pour la tenue d’un café littéraire est le summum des aberrations. Une atteinte insoutenable à la liberté d’expression et de réflexion », est-il indiqué en outre. Et de rappeler : les évènements d’Aokas de l’été 2017, suite à la répression féroce par les services de sécurité de la conférence que devait tenir le même Ramdane Achab, et la grande mobilisation qui s’en est suivie, couronnée par l’historique marche du livre, ont instauré pour un moment un retour au régime déclaratif pour la tenue des cafés littéraires.

Les autorités reviennent aujourd’hui à Akfadou sur les acquis d’Aokas, ajoutent les concernés tout en dénonçant énergiquement cette énième atteinte à leurs libertés par les autorités. « Nous en appelons aux militantes et militants, aux partis politiques, aux associations, à la société civile pour réagir et pour agir face à ce déni d’un droit élémentaire, celui de s’exprimer et d’exprimer des idées dans le cadre d’un café littéraire. Il y va de notre dignité à tous, il y va de notre liberté à tous, il y va de la liberté », concluent les organisateurs du café littéraire d’Akfadou soutenus de manière active et publique par la population locale et bon nombre d’hommes de culture kabyles.

Tarik Haddouche