Film sur le rebelle : Malika Matoub met son veto

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Bachir Derrais
Bachir Derrais

KABYLIE (TAMURT) – Malika Matoub, sœur de l’artiste assassiné et président de la Fondation éponyme, s’est opposée catégoriquement et fermement à ce que Bachir Derrais réalise un film sur Matoub Lounès, a-t-on appris hier de source sûre. Malika Matoub est allé jusqu’à écrire au ministre algérien de la culture Azeddine Mihoubi pour l’informer de sa position indiscutable quant à la réalisation de ce projet de film.

Les kabyles et les berbères de manière générale devront encore attendre pendant très longtemps pour pouvoir voir un jour un film professionnel sur la vie de leur idole et symbole Matoub Lounès. Car Bachir Derrais se bat depuis plus de dix ans pour faire ce film. Et quand tout est enfin fin prêt pour entamer la première étape de la réalisation du film, à savoir celle des repérages des lieux de tournage, c’est la sœur de Matoub qui est la première à s’y opposer. Non seulement Malika Matoub avait exprimé de vive voix son refus d’autoriser Bachir Derrais à réaliser ce film sur son frère mais elle a aussi saisi le ministre de la culture censé donner l’autorisation pour que Bachir Derrais passe à l’acte.

Suite à l’opposition de Malika Matoub, le ministre algérien de la Culture a adressé une correspondance laconique au réalisateur. Dans cette réponse, dont nous avons pu avoir une copie, il y est écrit : « En réponse à votre courrier cité en objet (projet de film sur Matoub Lounès), relatif à votre demande d’autorisation de repérage des lieux susceptibles d’abriter le tournage du film intitulé Matoub Lounès, j’ai le regret de porter à votre connaissance que suite à l’opposition de la famille du regretté nous ne pouvons donner suite favorable à votre demande ». Renseignement pris, le ministère de la Culture entend par le mot « famille », employé dans sa missive, Malika Matoub qui agit sous la casquette de présidente de la fondation Matoub-Lounès.

Il y a lieu de rappeler que Bachir Derrais est aussi le réalisateur du film Larbi Ben Mhidi, qui vient d’être interdit de projection par le pouvoir algérien parce qu’il montre des scènes où Larbi Ben Mhidi remet à sa place Ahmed Ben Bella, qui avait spolié l’indépendance de l’Algérie dès 1962.

Tarik Haddouche

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