Fondation Tiregwa : Maître Ali Yahia Abdennour au Canada du 12 au 25 novembre 2014

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CULTURE (Tamurt) – A l’invitation de la fondation Tiregwa, Maitre Ali Yahia Abdennour, donnera une série de conférences au Canada entre le 12 et 25 novembre 2014. Lors de sa conférence de Montréal qu’il donnera le dimanche 16 novembre 2014 et portant sur la Crise Berbère de 1949, un hommage lui sera rendu pour l’ensemble de son parcours en tant que militant anticolonialiste, militant des droits de l’homme et un des fondateurs de la première ligue indépendante des droits de la personne en Afrique du nord. La conférence sera sous forme d’un Diner-Conférence-Débat dans un cadre réjouissant au Centre Carlton des évènements de Montréal, sis 8860 Boulevard Langelier, de Midi à 18h. Un menu riche et varié sera servi.

Synopsys

Durant sa conférence, Maitre Ali Yahia Abdenour, en témoin du siècle, abordera avec force détail la crise berbériste de 1949 que certains appellent crise anti-berbériste qui a pris racine depuis 1926, l’année de la création de l’ENA (Étoile Nord Africaine). Laquelle organisation politique est devenue la décennie d’après PPA (Parti du Peuple Algérien), et ensuite MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratique) une autre décennie plus tard. La mauvaise gestion de ces trois partis politiques ENA-PPA-MTLD dirigés avec une main de fer par Messali Hadj, qui se considérait comme un Zaim, a entrainé la méfiance et la division au sein de leurs militants entre berbéristes et arabo-islamistes, centralistes et messalistes, … a porté un coup dur au mouvement national. Ce qui a retardé le déclenchement de la guerre de l’indépendance jusqu’à l’arrivée du parti FLN sur la scène politique, conséquence directe de la confrontation centralistes et messalistes. L’apogée de la division fut l’envoi d’un mémorandum à l’ONU en 1948 dans lequel Messali Hadj avait décidé unilatéralement que l’histoire de l’Algérie commença au 7eme siècle, soit depuis l’arrivée des Arabes en Afrique du nord, extirpant ainsi toute trace Amazighe de l’histoire de l’Algérie. Ceci a engendré la crise berbériste une année plus tard, et par voie de conséquence l’isolement et la traque de ses instigateurs, et plus tard l’exécution par les siens sur ordre du FLN de quelques-uns d’entre eux comme Amar Ould Hamouda, Benai Ouali et Mbarek Ait Menguellat.

Ces derniers militants berbéristes intellectuels sont considérés par Maitre Ali Yahia Abdenour, dans son dernier ouvrage, édité récemment chez Barzakh à Alger, comme des visionnaires et en avance par rapport à leur temps. D’après Ali Yahia Abdenour le fait de ne pas les écouter, ou pire de les liquider, a engendré des impacts qui ont façonné une démarche politique qui allait ouvrir la voie à toutes sortes de manipulations et de reniement identitaire qui continue jusqu’à date dans l’Algérie postcoloniale, et dont l’anti-kabylisme est un projet politique assumé au plus haut niveau.

Malgré la maladie et l’âge, Maitre Ali Yahia Abdenour, tient à venir au Canada, connu par la densité des intellectuels Amazighs qui y résident, pour dire toutes ces vérités et surtout passer le message en les incitant à ne pas lâcher l’Amazighité quel que soit le prix. Mais aussi en continuant le combat des Amar Ould Hamouda, Benai Ouali et Mbarek Ait Menguellat, et tous ceux et celles qui sont morts avant et après tels que Ali Laimeche, Imache Amar, Mohia, Masin Haroun, Matoub Lounes, … pour ne citer que quelques-uns.

Biographie

Il est né le 18 janvier 1921 en Kabylie, Algérie. En 1943, il est mobilisé par les alliés qui ont repris l’Algérie au régime français de Vichy. En 1945, Il adhère au Parti PPA, qui est devenu par la suite MTLD, tous deux luttaient pour l’indépendance à l’époque de l’Algérie française. Il quitte le parti du PPA-MTLD lors de la crise berbère en 1949.

Ali Yahia Abdennour rejoint le FLN en 1955 et il est un des membres fondateur de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA). En 1956, il est arrêté et est assigné à résidence de 1957 à 1960. Libéré en 1961, Ali Yahia Abdennour devient secrétaire général de l’UGTA pour remplacer Aissat Idir assassiné. Après l’indépendance, il est élu député de la Wilaya de Tizi-Ouzou en Kabylie, il rejoint la rébellion de Hocine Aït Ahmed et le parti Front des Forces Socialistes (FFS) en 1963 et il se rallie après à la position du gouvernement de Ahmed Ben Bella. Il fut ministre des Travaux publics et des Transports puis ministre de l’Agriculture et de la Réforme agraire dans le gouvernement de Houari Boumediène, entre 1965 et 1968 avant de démissionner.

Après des études en droit, il devient avocat. Il est arrêté en 1983 puisqu’il a pris la défense des berbéristes et libéré en 1984. En 1985, il a participé avec un groupe du mouvement berbériste (Said Sadi, Ferhat Mehenni, Maitre Ait Larbi Mokrane, …) à la création de la première Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), mais il sera arrêté, car selon les autorités algériennes, ils n’avaient pas d’agrément. Ce n’est qu’apres les evenements d’octobre
1988 que la LADDH est reconnue officiellement et Ali Yahia Abdenour est désigné son
président d’honneur.

Ali Yahia Abdennour s’est opposé à l’interruption du processus électoral de 1991. Il assiste en 1994 au colloque du Saint Egidio à Rome pour une sortie de crise. En 2011, il prend part à l’appel de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD).

Points de vente des billets

1. Fondation Tiregwa résidents d’Ottawa-Gatineau (Tel. 613 897 7347)
2. SALON DE THÉ TIKJDA – 3880 RUE BELANGER résidents de Montréal et partout au Québec.
Tarif : 60$