Habitants de Tataouine : « Nous ne sommes pas des arabes ! »

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Tataouine

TUNISIE (Tamurt) – Notre article sur la révolte des Amazighes du sud de la Tunisie a suscité un vif intérêt dans cette région berbérophone. Une militante de la cause Amazighe a pris attache avec notre rédaction pour nous informer  que la revendication principale des jeunes révoltés est la reconnaissance de l’identité Amazighe Tunisienne.

« Nous ne sommes pas des arabes. Nous sommes des Amzighs et on parle toujours cette langue dans toute la région. On nous appelle ces gens qui parlent une langue spéciale, dans les grandes villes de sud de la Tunisie, mais cette langue spéciale c’est Tamazight, notre langue dont on est fière. On reste Amazighs et on continue notre combat,  au même titre que les kabyles, les Mozabites, les  Rifains, les Touaregs d’Azawad, les Chaouis, les amazighs des îles Canaris, pour ne citer que ceux-là, afin de réclamer notre droit le plus élémentaire qui est l’officialisation de notre langue », explique Hansa, une jeune universitaire qui consacre toute sa vie pour la cause Amazighe. «  J’ai milité au sein du  Congrès Mondial Amazighe et je ne suis pas un cas singulier. Des milliers de militantes et militants de Tataouine  activent depuis des années et je pense qu’on a réussi à sensibiliser une bonne partie de la société Amazighe à notre cause. Même des arabophones se sont joints à notre combat.

Juste pour ceux qui disent que les Amazighs n’existent pas en Tunisie, je leur rappelle que « Tataouine », veut dire en Tamazight « les yeux » au pluriel et un œil on l’appelle « Tit » au singulier. Notre région a le même nom que la ville Tatatouine  qui a été arabisée par le Polisario pour devenir Laayoun », tiendra à souligner Hasna. «  Dites à nos frères kabyles, que Matoub Lounès, Muhand Ouharoun, Mouloud Mammeri, Bessaoud Muhand Arab sont nos icônes à Tataouine. Nous avons aussi notre chanteur engagé en Tamizght, le Derbie,  Zoheir », nous déclare Hasna qui mène un travail titanesque avec ses compagnons de lutte pour dire au monde entier qu’une partie des Tunisiens ne sont pas des arabophones.

Ravah Amokrane 

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