Haut conseil de la langue arabe : Un ennemi de tamazight désigné Président

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ALGERIE (Tamurt) – Le pouvoir algérien n’a pas trouvé mieux que de nommer l’un des ennemis publics numéro 1 de l’amazighité à la tête du Haut conseil de la langue arabe. Il s’agit de Salah Belaid, qui enseignait à l’université Mouloud Mammeri, et qui ne ratait aucune occasion pour afficher publiquement son hostilité à la langue et à la culture amazighes.

Le choix de Salah Belaid est donc loin d’être fortuit. Cet universitaire et auteur de livres faisant l’éloge de la langue arabe est connu pour ses dénigrements répétés visant  la langue amazighe. Il n’a pas hésité, à maintes reprises, à affirmer qu’il s’opposait frontalement à sa reconnaissance constitutionnelle en tant que langue officielle. Il a aussi fait une campagne médiatique acharnée contre l’utilisation des caractères latins pour la transcription de la langue amazighe, pourtant adoptés par toute la Kabylie et dont Mouloud Mammeri a été l’un des premiers à avoir mis en place les rudiments grammaticaux.

Ce même Salah Belaid est allé jusqu’à mener une véritable croisade pour démoraliser tous ceux qui œuvrent à la réhabilitation et à la promotion de la langue amazighe depuis notamment son introduction dans le système éducatif algérien, plus particulièrement dans les écoles de Kabylie. Salah Belaid, dans ses interventions ayant trait à tamazight, se focalise toujours sur les aspects négatifs négligeant sciemment les côtés positifs afin de « démontrer » que tamazight n’a pas d’avenir. Il met ainsi en avant le fait que l’enseignement de tamazight dans les départements de Tizi-Ouzou et Bougie se fait en totale symbiose avec la langue française, ce qui constitue aux yeux du spécialiste, qu’il prétend être, une tare. Plus rusé que Dourari et Ferrad, Salah Belaid sait très bien que s’il venait à faire l’apologie des caractères arabes pour la transcription de tamazight, il signerait son « arrêt de mort », il a fait des caractères tifinagh son cheval de bataille.

En somme, il ne parle de tamazight que pour détruire.  » Il faut dire que les caractères latins n’ont pas permis à tamazight d’avoir une acceptation nationale », a déclaré Salah Belaid dans une interview accordée à un journal algérien en avril 2012. Dans la même interview, Salah Belaid a ajouté  : « Pour que tamazight soit langue officielle, il faudrait des siècles et peut-être des guerres, des exterminations de milliers de personnes, comme l’a fait Louis XI pour imposer la langue de l’Île de France. La langue arabe avait 191 variétés et c’est l’islam qui l’a unifiée. Aucun pays développé sur le plan industriel ne dispose de plusieurs langues officielles ». Ceux qui ont décidé de désigner Salah Belaid à la tête du Haut conseil de la langue arabe sont, bien entendu, loin d’ignorer les positions honteuses et graves de celui-ci concernant Tamazight.

Tahar Khellaf pour Tamurt