Hend Sadi à Bougie : Mammeri et la colline oubliée réhabilités

8

CULTURE (Tamurt) – Après une lecture de deux textes choisis du roman « La Colline Oubliée», devant une salle pleine comme un œuf, Hend Sadi n’y est pas allé par quatre chemins pour charger les « traqueurs » de Mammeri.
Remontant les faits chronologiquement, il évoquera en premier Amar Ouzegane. Ce dernier lancera « l’alerte » et préparera le terrain pour une attaque orchestrée par les fidèles de l’arabo-islamisme.
Mohand Cherif Sahli n’a « pas voulu entrer dans l’analyse de ce roman  » (Colline Oubliée ndlr.) Cette phrase nous renseigne sur la personnalisation des attaques. M. Sahli repose ses reproches sur le fait que Mammeri avait du succès auprès des critiques littéraires colonialistes de l’époque.

Dans son article Mohand Cherif Sahli fera des citations mensongères et alimentera la rumeur et la polémique. Il appelera d’autres « plumes » à enrichir le « débat d’idées », alors que l’isolement et la mise à mort d’une œuvre capitale qui se revendique berbère était déjà mise en scène.

C’est ainsi qu’au lendemain de l’unique réponse de Mammeri, la campagne de dénigrement sort sa plus belle plume pour donner un coup dur à l’auteur de la Colline Oubliée. En effet, Mostefa Lachref publiera une longue étude sur ce roman, des trois « intellectuels organiques » seul M. Lachref lira le roman, de ce fait il se placera au-dessus de la mêlée et se réjouit de ces querelles tant ça oppose deux kabyles.

Un intervenant fera une remarque très nourrie par les applaudissements de l’assistance, » Dib n’a jamais été inquiété tant qu’il ne se revendiquait pas berbère. » C’est cette règle de deux poids deux mesures qui poussera Hend Sadi à écrire le livre et rétablir la vérité dans son contexte en y offrant tous les documents nécessaires au lecteur.

L’invité du Café Littéraire s’est indigné devant le fait que d’autre critiques issues d’autres horizons se retrouvent dans le premier roman de Mouloud Mammeri, tel que Taha Hossein qui se dit « fasciné », et que des « nationalistes » de surcroît kabyles se sentent dépayser.

M. Sadi a suscité la curiosité des lecteurs. Une séance de vente dédicace a suivi le débat.

A noter une présence inhabituelle des agents de la police, un des policiers en civil, qualifiant la rencontre littéraire de « rassemblement » nous dira  » où il y rassemblement de deux personnes je suis le troisième ».

Ikhtus