Il a été assassiné le 4 janvier 1967 en Espagne – Le pouvoir continue à ignorer Mohamed Khider

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Mohamed Khider, l’un des neuf chefs historiques qui ont déclenché la guerre de libération nationale, est carrément marginalisé par le pouvoir algérien. Il n’est évoqué ni par les médias d’Alger ni par les officiels. Son nom est tout simplement effacé, alors que l’Algérie célèbre officiellement le cinquantenaire de sa libération en grande pompe.
Il a été froidement exécuté un certain 4 janvier 1967 dans sa chambre d’hôtel à Madrid, en Espagne. C’est avec sa cravate qu’il a été étranglé. La même méthode a été utilisée lors de l’exécution d’Abane Ramdhane par Boussouf au Maroc. La police ibérique de l’époque avait relâché les assassins et avait préféré fermer les yeux sur ce crime politique.

Mohamed Khider est né le 13 mars 1912 à Alger. Il a joué un rôle prépondérant dans le mouvement national, où il a occupé plusieurs postes à responsabilité. En dépit de ses connivences avec le régime de Ben Bella, dans les premiers temps qui ont suivis l’indépendance, Khider s’est opposé farouchement au FLN et à Boumediène durant les années 1960. Une opposition qui l’a poussé à l’exil, en Suisse plus exactement, pour rejoindre l’autre chef historique, Hocine Aït Ahmed, avec qui il était lié par des relations familiales.

Aujourd’hui, la famille de Khider exige la levée de la marginalisation de ce chef historique qui a fait connaître les vrais objectifs de la lutte armée du peuple algérien au monde entier durant la guerre de libération nationale. En vain. Les décideurs ne veulent rien entendre. Aucune rue ne porte son nom, ni aucun édifice public ou école. D’autres personnes qui étaient dans l’armée française durant la guerre de libération nationale, comme le général Nezzar et Lamari, sont considérés par le pouvoir comme des personnes qui ont « sauvé l’Algérie », alors que des hommes qui ont libéré le pays ont été liquidés physiquement par le clan de Oudjda.

Ses proches soutiennent pourtant que Khider avait remis bien avant sa mort l’ensemble des documents qui permettaient à l’Etat algérien du dictateur Boukharouba de récupérer le trésor du FLN déposé dans les banques suisses. Effectivement, ses enfants et ses héritiers ne possèdent aucune richesse particulière. Ils sont restés des citoyens humbles et modestes comme était Khider de son vivant.

La vérité sur son assassinat, c’est une autre « histoire » !

Izem Irath