Il a été célébré comme fête officielle pour la première fois : Comment Yennayer a été fêté par les Amazighs de Libye

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LIBYE (Tamurt) – La manifestation avait un cachet officiel. Des hauts responsables ont pris part à la célébration de Yennayer. Une première dans les anales de la Libye, et même de toute l’Afrique du nord. Un vent d’espoir souffle sur les terres de Tamazgha à partir de la Libye. Trois ministres ont pris la parole pour présenter leurs vœux au peuple Libyen dans un long discours, témoigne notre interlocuteur. Un représentant du premier ministre et trois autres chefs de partis politiques leur ont emboité le pas. « Je pense que le statut de langue officielle est pratiquement dans la poche », espère Ramdan Ath Mansur.

Il dira que « le président de l’assemblée a commencé son allocution avec Azul fellawen, tanemmirt, et l’a terminée avec Aseggwas ameggaz », lors de son intervention.
A l’ouverture de la conférence, l’hymne national en tamazight d’abord a retenti, en arabe ensuite. Toute la salle s’est mise debout. Notre témoin s’est étonné de l’attachement et de l’intérêt que les Libyens accordent à leur langue et culture. « Un Madghis Madi m’a « détourné » à la fin de la conférence et m’a invité chez lui. Un monstre de travail. Une bibliothèque personnelle de 8000 titres. Saisie informatique, logiciel de bascule latin/tifinagh/arabe. Même notre lexique de maths est entièrement saisi. A mon retour, j’ai trouvé un message de lui : Tajerrumt de Mammeri entièrement traduite et adaptée en tamazight de Libye. Il m’a offert les premiers manuels libyens de tamazight, ainsi que les CD qui vont avec. Madghis a également une radio et une chaîne de télévision qui devrait commencer à émettre très prochainement », dira-t-il.

Il ajoutera qu’il fait la connaissance d’un autre Madghis qui anime une association berbère et qui nous a fait visiter ses locaux où il a apporté deux ou trois bulletins de l’association. Une conférence a été organisée au lendemain de Yennayer à Tripoli en présence des représentants diplomatiques, couverture médiatique (télévision nationale), plusieurs représentants Touaregs, Kurdes, Iles Canaries, une Egyptienne même d’origine marocaine, etc, selon toujours notre témoin qui est l’un des plus ancien militants de la cause Amazigh. « A une tunisienne présente à la conférence, je lui ai offert quelques livres. Je lui en ai promis d’autres, parce qu’en Tunisie, les besoins documentaires sont immenses », dira avec joie notre interlocuteur qui n’a pas hésité à prendre attache avec la rédaction Tamurt pour faire parvenir ces nouvelles aux autres Amazighs du monde entier à travers notre journal.

« Vers la fin de la conférence, un moment très fort : un communiqué des représentants amazighs des différentes localités. Une vingtaine d’hommes debout, porte-parole : une femme qui a lu le communiqué en tamazight, ensuite un homme qui a lu le même communiqué en arabe : contenu très radical. Cinq conditions concernant Tamazight sont exigées dans le texte de la nouvelle constitution, sinon, c’est, de leur part, non seulement la non-reconnaissance de la constitution, mais la non-reconnaissance de l’Etat. Tout cela en présence des officiels : président de l’assemblée nationale, les ministres, etc », dira le militant qui n’oubliera jamais son déplacement en terre Libyenne.

Izem Irath