Il est né en 1918 : Le pouvoir algérien censure le centenaire de Slimane Azem

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Slimane Azem
Slimane Azem

ALGERIE (Tamurt) – Le régime politique algérien continue de censurer le maitre incontestable de la chanson kabyle, toutes générations confondues, Slimane Azem. Alors que le pouvoir algérien ouvre ses bras à tous les chanteurs kabyles de service, qui lui obéissent au doigt et à l’œil et auxquel il organisent volontiers des spectacles, des tournées et des hommages à coup de milliards, quand il s’agit d’artistes libres à l’instar de Slimane Azem, le même pouvoir est aux abonnés absents. En effet, cette année, 2018, coincide avec le centenaire de la naissance de l’icône Slimane Azem, qui est à la fois un compositeur de musique exceptionnel et de génie et un poète parmi les plus grands sans oublier qu’il a été un interprète de gros calibre.

Il se trouve, en revanche, qu’aucune activité n’est intitiée par le pouvoir algérien, via notamment son très gentil ONDA (quand il s’agit de chanteurs de service) ni de la part du ministère de la Culture. Même la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou n’a pas jugé utile d’organiser ne serait-ce qu’un petit événement culturel pour marquer le centenaire de la naissance de Slimane Azem qui a vu le jour le 19 septembre 1918. Le pouvoir a gardé la même attitude à l’endroit de tous les artistes qui n’ont pas joué son jeu depuis l’indépendance.

Il leur impose une censure éternelle et tente par tous les moyens de les effacer de la mémoire publique et collective notamment en faisant une promotion démesurée et continue de tous les chanteurs de service. La liste des hommes de culture kabyles indésirables auprès du pouvoir algérien est longue.

C’est le cas de Taos Amrouche, de Fadhma Ath Mansour et de Jean El Mouhouv Amrouche ainsi que de Malek Ouary dont le seul « tort » est de ne pas avoir été musulmans mais chrétiens. Le pouvoir algérien ne porte pas non plus dans son cœur les Slimane Azem, El Hasnaoui, Matoub Lounès, Salah Sadaoui, etc. Concernant ces symboles, le pouvoir ne veut pas leur pardonner le fait qu’ils aient toujours refusé de lui courber l’échine et de camper le rôle qu’on aurait souhaité leur attribuer. L’histoire saura retenir tous ces détails d’une importance capitale.

Tahar Khellaf