Il prétendait soigner les femmes stériles – « Le guérisseur » de la nouvelle-ville de Tizi-Ouzou s’est volatilisé

3

C’est pour être aux côtés de sa sœur installée depuis longtemps dans la capitale du Djurdjura et qui est devenue veuve que cet homme « maîtrisant la science de Dieu » a justifié son départ de son village natal pour venir habiter auprès des Kabyles. A peine donc installée dans sa nouvelle demeure que la rumeur concernant ses « dons divins » a circulé comme une traînée de poudre.

Avant même le lever du soleil, une foule nombreuse, composée essentiellement de femmes, se constitue devant chez-lui. Dès leur arrivée sur les lieux, les patientes demandent aussitôt un jeton. Normal ! Car chez le guérisseur, point de piston et point d’un quelconque passe-droit. Quel secours et quel réconfort trouvent ces centaines de femmes chez cet homme qui n’a jamais fréquenté la faculté de médecine ? Ce natif de Médea prétendait, par son intervention et par la Grâce de Dieu, rendre une femme fertile et capable d’enfanter même si elle dépasse l’âge de procréer et que des gynécologues, après des examens cliniques, l’ont déclarée stérile.

Ainsi, plusieurs couples, désireux d’avoir un enfant mais qui n’ont pu obtenir satisfaction auprès des cliniques, se sont retrouvés devant le domicile de ce guérisseur aux « dons miraculeux ». Il est demandé à « la future maman » d’apporter un litre de miel pur et la somme de 14.000, 00 DA. L’étrange guérisseur, avons-nous appris auprès de sources concordantes, ajoute quelques ingrédients au miel et remet le tout à la patiente avec la recommandation de consommer la potion considérée comme « médicament ».

En général, ce guérisseur consulte à trois reprises « la future maman ». A la dernière visite, la femme se voit interdire formellement d’avoir recours à l’échographie lorsqu’elle constatera que son ventre commence à s’arrondir et à prendre du volume. « Cela ne peut pas être compatible avec la formule de Dieu et d’autant plus l’enfant qui naîtra est protégé par le h’jab (voile) », reçoit comme vive recommandation la « future maman ». En effet, au bout de quelques mois, les patientes de ce « guérisseur » et évidemment suite à la relation intime avec leur conjoint, voient leurs ventres s’arrondir et prendre du volume. Le ventre s’arrondit de la même manière que celui subissant une grossesse normale. Un tel constat est parvenu aux oreilles de tous les couples désireux de voir un enfant égayer leurs foyers. C’est pourquoi aussi, beaucoup de patientes ont déserté les cliniques. Ces femmes et leurs conjoints étaient découragés par la lenteur des traitements proposés par ces médecins formés par des universités et, surtout, l’incertitude quant à leur efficacité.

C’est ainsi que beaucoup de médecins, la mort dans l’âme, ont remarqué la présence de leurs patientes ou, plutôt, leurs ex-patientes devant le domicile de ce guérisseur qui n’est même pas capable de lire une ordonnance médicale. Il se trouve aussi que chaque chose, miraculeuse ou non, finit par être connue du public. En effet, des femmes devenues « enceintes » par la « miraculeuse intervention » de ce jeune homme, originaire de Médea, sont arrivées à leur 12ème mois de « grossesse » et toujours pas le moindre signe d’accouchement. C’est aussi au moment où les patientes et leurs conjoints commencent sérieusement à s’impatienter et, surtout, à montrer des signes d’affolement que le médecin aux prescriptions médicales inconnues des sciences médicales universellement admises a pris la clef des champs. Il s’est volatilisé. Il a disparu en pleine nature.

Lors des départs pour la Mecque pour le pèlerinage, une rumeur a circulé autour de cet homme et qui faisait justement état de son départ aux Lieux Saints de l’islam. « Après son retour de la Mecque, il reviendra à Tizi-Ouzou et ses dons de guérisseurs ne seront que renforcés », ont avancé avec insistance certaines langues. Mais voilà que les pèlerins sont de retour au pays depuis longtemps, mais toujours pas l’ombre de l’homme aux « miracles ». D’autres avis avancent à présent que le « guérisseur » n’est qu’un escroc et les services de sécurité ont fini par lui mettre la main au collet. Donc, en ce moment il serait derrière les barreaux.

Cependant, aucune preuve n’appuie ni la première thèse ni la seconde. Un tel imbroglio rend alors les questionnements suivants légitimes: qui est vraiment cet homme dont les services ont été sollicités par des dizaines de milliers de femmes ? Où est-il en ce moment ? Est-ce un ange ou un démon ? Est-ce qu’un danger ne pèse pas sur la santé de ces femmes dont le ventre est grossi par des moyens autres que ceux reconnus par la science et le rationnel ? Nos lecteurs en sauront davantage ultérieurement.