Il y a 31 ans : un gendarme a tiré 5 balles sur Matoub Lounès

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Matoub Lounès
Matoub Lounès

KABYLIE (TAMURT) – Il y a trente-et-un ans, le 9 octobre 1988, le grand artiste, poète et militant kabyle, Matoub Lounès a été criblé de balles par un gendarme dans la région de Michelet dans la foulée de la révolte d’octobre ayant fait 500 morts et des milliers de blessés. Matoub Lounès était en train de distribuer des déclarations appelant au calme en Kabylie.

A ce jour, le gendarme de cette tentative d’assassinat, ayant visé un homme exceptionnel qui a voué toute sa vie au combat pour son identité amazighe et pour la démocratie mais aussi contre l’islamisme et toute forme de régression, n’a pas été jugé. Cinq balles ont été tirées sur le corps de Matoub Lounès après qu’un gendarme ait ouvert le feu sur lui et à ce jour, l’auteur de cette agression armée reste impuni. Il n’a même pas été radié des rangs de la gendarmerie nationale. Après une infinité d’épreuves ayant succédé à ce drame, Matoub s’est remis un tant soit peu mais avec des séquelles physiques et psychologiques qui sont restées à vie. Matoub Lounès a composé tout un album qui narre cette énième épreuve qu’ils traversées. L’album est intitulé : « L’ironie du sort » et il demeure, à ce jour, l’un de meilleurs succès du rebelle. C’est un chef-d’œuvre aussi bien sur le plan poétique que musical. Des chansons comme « Alaâmriw » ou « tahechat bw-brid » sont devenues de véritables hymnes.

Malgré cette très dure épreuve, Matoub Lounès n’a pas renoncé à son combat. Il a rebondi plus déterminé que jamais en tant que militant de la cause identitaire amazighe et plus talentueux que jamais en tant qu’artiste-poète. Huit années plus tard, Matoub Lounès vécut une autre épreuve et non des moindres. Il s’agit de son enlèvement par des terroristes et sa séquestration pendant quinze jours. Puis, quatre ans plus tard, le 25 juin 1998, Matoub Lounès a été assassiné par un groupe armé non identifié à Tala Bounane sur la route qui mène vers son village natal Taourirt Moussa dans la région des At Douala.

Certains attribuent cet assassinat aux groupes islamiques armés alors qu’une bonne partie des observateurs l’imputent à un clan de l’armée algérienne. « Pouvoir assassin » a été le slogan phare scandé pendant plusieurs semaines par les manifestants qui se sont soulevés dans toute la Kabylie au lendemain de l’assassinat de leur idole, de leur chantre et de leur symbole mais aussi de leur porte-parole. Depuis l’assassinat de Matoub Lounès, la Kabylie est devenue orpheline tant la place et le vide laissés par le rebelle sont impossibles à remplacer.

Tarik Haddouche

4 COMMENTAIRES

  1. Pas de allah rahmou pour Matoub SVP, il n’était pas musulman, en tout cas pas obligé d’être musulman. Gloire à Matoub pour cette phrase qui résume tout le totalitarisme islamique et la situation inique de cette pseudo religion.

  2. Allah yahmou on a perdu un grand homme un lion mi ile et toujour la avec ces chansson merci a vous toutes

  3. Justement, moi je le connais très bien, et je savais bien comment l’écrire dans une feuille inflammatoire. » »ARABE » »

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