Illoula-Oumalou : Plusieurs coordinations MAK se constituent en Confédération

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ILLOULA-OUMALOU (Tamurt) – Le Président du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), Bouaziz Aït-Chebib, a procédé hier à Illoula-Oumalou à la mise en Place de la confédération  des archs. Cette structure est composée plus exactement de coordinations d’Illoula-Oumalou, Bouzguène, Ath-Idjer, Ath-Zekki et Ath-Issaâdh. 
 
S’agissant des représentants de ces structures à la fonctionnalité présidentielle, leur identité se présente ainsi : Illoula-Oumalou : Abdou Imerzouguene ; Bouzguène : Lounis Ouddali ; Ath-Idjer : Asirem Zerifi, Ath-Zekki : Nacer Alliane et Ath-Issaâdh : Achour Ahrouche. 
 
Une fois les représentants identifiés et confirmés dans leurs postes, des discussions ont été menées entre les différents participants sur les actions et missions d’urgence qui relèvent désormais de la compétence de la « Confédération». C’est ainsi qu’il a été décidé le renforcement des préparatifs du 3ème congrès du MAK, prévu pour le 26 du mois en cours, l’organisation d’une caravane devant sillonner les  villages pour expliciter davantage les véritables enjeux existants, la tenue d’une conférence à Bouzguène suivie d’un gala, rendez-vous en rapport avec la marche du 20 avril 2016, opérations de nettoyage et de propreté des espaces kabyles lesquelles rentrent dans le cadre de la protection de l’environnement et enfin une réflexion devant mener à court ou moyen  terme sur la proclamation d’un Parlement Kabyle. 
 
Il y a lieu de relever également que cette mise sur pied de la Confédération d’Ath-Idjer  a été précédée d’une allocution de Bouaziz Aït-Chebib qui a commencé par rendre Hommage au cinéast kabyle Abderhmane Bouguermouh qui a réalisé le premier film en kabyle dans l’histoire :  » Ce grand homme de culture kabyle a réussi à relever le défi grâce à la mobilisation populaire. Le  film « la coline obliée » incarne la souveraineté du peuple kabyle étant donné qu’il a été réalisé par le peuple kabyle sous la direction de notre illustre cinéaste: Bouguermouh décédé il y a 3 ans ». Dans son intervention, le Président du MAK a mis l’accent sur les derniers événements nationaux algériens, facteurs d’une certaine effervescence et même d’une certaine initiative jugée « inappropriée ». Bouaziz Aït-Chebib, qui a jugé les faits, plus exactement le projet de loi de la révision de la constitution où tamazight a été proposée comme langue officielle, a souligné que pour le peuple kabyle, la revendication reste et demeure son autodétermination et de ce fait aucune constitution algérienne ne concerne la Kabylie. « Cette soudaine volonté du pouvoir de consacrer tamazight comme « langue nationale », poursuit le Président du MAK, témoigne de l’existence de deux éléments fondamentaux. Le premier : la puissance du MAK et la seconde : la volonté du pouvoir de fausser le jeu. Le peuple kabyle a bien déjoué cette consipiration arabo-islamiste en répondant massivement à l’appel du MAK le 12 janvier ». 
 
L’initiative des « 23 personnalités kabyles » traduite par la signature d’un document a été également analysée par Bouaziz Aït-Chebib qui a vu en cela un échec recommencé: 
Je ne doute pas de leurs intentions mais cela ne m’empêche pas de faire le constat  qu’ils persistent dans l’erreur en voulant démocratiser l’Algérie en faisant de la Kabylie le fer de lance.  L’histoire se refait depuis 1962. Des kabyles veulent instaurer une Algérie démocratique et sociale  sur la base des valeurs de la Kabylie qui ne sont pas partagée par l’Algérie qui sombre de plus en plus dans le moyen âge. Le résultat  est alarmant : l’Algérie s’enfonce dans la régression sous toutes ses formes, la Kabylie risque d’y être entraînée si on ne met pas en place un Etat kabyle le plus vite possible.
Il ne peut pas y avoir de compromis entre un démocrate et un islamiste ni entre un  « berbériste » et un baâthiste.  Même concernant la pseudo-officialisation de la langue amazighe, excepté le RCD, tous les partis membres de la CNLTD  se sont exprimés  contre tout en exigeant sa transcription en lettre arabe pour protéger la langue du coran. La preuve : les signataires sont tous des kabyles.  
C’est bien de vouloir permettre aux régions d’avoir des pouvoirs larges sur le plan économique, culturels, …. Mais il y a lieu de signaler deux faits : 1- la Kabylie n’est pas une région alors elle n’accepte pas d’être reléguée à ce rang. Elle constitue une nation et en tant que telle elle réclame sa souveraineté et non pas quelques pouvoirs fictifs.
2- quand on parle de régions (au pluriel) il faut s’assurer l’adhésion de ces régions.  Jusuqu’à preuve du contraire, les questions d’autonomies, de régionalisation, de fédéralisme … ne sont revendiquées et assumées que par des partis kabyle et encore  de façons vraiment timide.  Donc , au lieu de substituer aux autres, laissons ces régions réclamer et demander  les statuts qu’elles veulent. Ce n’est pas à la Kabylie de le faire à leur place.    
Ce qui est proposé par les signataires n’a rien de neuf étant donné qu’il s’inscrit dans un cadre global algérien qui a prouvé ses limites depuis 1962. 
 
L’orateur a passé également en revue certains faits d’actualité, entre autres les actions d’intimidation menées par les appareils du pouvoir colonial algérien contre la famille militante et patriotique du MAK. Le Président du MAK a parlé de la mobilisation et l’utilisation de voyous par des policiers contre le MAK. 
 
Bouaziz Ait Chebib a également réitéré le soutien de son mouvement aux étudiants du département de tamazight de l’université de Tuβiret en grève illimitée pour dénoncer le mépris et le racisme dont ils sont vicitmes de la part de l’administration. 
 
Le dépôt de plainte du nommé Anis Rahmani contre Ferhat Mehenni est considérée aussi par Bouaziz Aït-Chebib comme un moyen d’intimidation et de pression contre le MAK et le GPK. Le rendez-vous d’Illoula-Oumalou  a été aussi une occasion pour le Président du MAK quant  à rassurer Ferhat Mehenni du soutien le plus indéfectible du MAK. 
 
Enfin, le Président du MAK a réitéré le danger guettant la Kabylie si elle venait à maintenir son sort avec l’Algérie. De son côté Tayeb Laârvi, présent au rendez-vous d’Iloula-Oumalou a déclaré que tous rendez-vous convoqués par l’Etat algérien et qu’il a voulu comme « historiques » ont été des échecs lamentables. « Ce nouveau projet de la révision de la constitution est à considérer d’ores et déjà comme un échec », a poursuivi Tayeb Laârvi avant de se lancer dans un plaidoyer en faveur de l’autodétermination du peuple kabyle. 
 
Notons enfin que le président de la coordination de Bouzguène auprès de la Confédération d’th-Idjer, Lounis Oudani, a, à l’issue de son intervention, évoqué le cas de Kamira Naït-Sid et l’a rassuré du soutien et la sympathie de toute la famille du MAK. 
De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine