Ilwenisen (Ait Yahia Moussa) : Nadia Matoub distribue des trousseaux scolaires

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KABYLIE (Tamurt) – Cette louable initiative, inédite dans la région, a pour objectif principal de sensibiliser les enfants sur l’importance du savoir comme unique clé pour affronter l’avenir avec clairvoyance et sérénité. C’est une action à méditer qui a été initiée par la veuve du Rebelle Matoub Lounès, Nadia, en ce samedi 8 octobre 2016, à la veille de la commémoration de l’anniversaire des événements d’octobre 1988, au cours desquels Matoub avait été mitraillé par un gendarme algérien près de Michelet.

L’événement a eu lieu au siège de « Axxam Ntmusni », fermé par les autorités algériennes, car constituant un havre du savoir universel qui déplait aux défenseurs de l’arabo-islamisme prôné par l’école algérienne. Le rendez-vous culturel  a eu lieu en présence de Nadia Matoub, mais aussi, en présence de nombreux hommes de culture et autres militants de la cause kabyle. Parmi les hommes de culture présents sur les lieux, nous avons remarqué la présence du poète Alas Di Tleli et de l’auteur Mohand Loukad… Le Président du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, Bouaziz Ait Chebib a aussi marqué de sa présence cette rencontre conviviale qui s’est déroulée en plein air. Il  y a eu de nombreux autres cadres du MAK comme les infatigables Hocine Azem et Ahmed Amrioui. Ce dernier qui est l’un des initiateurs de cette cérémonie a d’ailleurs pris la parole pour souhaiter d’abord la bienvenue à l’ensemble des invités du village Ilwenisen (Ait Yahia Moussa) mais aussi aux dizaines d’enfants scolarisés, présents sur les lieux.

Devant des dizaines de femmes (toutes vêtues de robes traditionnelles kabyles), d’hommes et d’enfants, Ahmed Amrioui a tenu à rappeler, d’emblée, que « Axxam Ntmusni » est un endroit réservé exclusivement aux enfants et au savoir : « A tirracin, ay arrac, as agi nwen, annar agi nwen ». Ahmed Amrioui a enchaîné, en kabyle toujours : « Ihi s yisem nwen, ad inigh iy nebgawen, i y mdukal, ansuf yiswen u tanemirt imi dusam akka ttwaligh atas yidwen ar taddart negh Ilewnisen deg Ath Yahia Moussa ». L’orateur, dont le rêve est que les enfants de sa région et de tout le pays kabyle, bénéficient un jour d’un enseignement universel qui leur permettra de devenir des citoyens du monde universel qui échappe à tout endoctrinement, a tenu aussi à remercier vivement Nadia Matoub. Ahmed Amrioui a souligné : « La présence de Nadia Matoub parmi nous,  aujourd’hui, démontre que l’épouse du Rebelle accorde une grande importance aux jeunes et aux enfants ainsi qu’au savoir et à l’éducation des enfants ». L’intervenant a ajouté, dans le même sillage, que Nadia Matoub est restée fidèle à la trajectoire tracé par Matoub Lounès à travers son œuvre mais aussi son parcours de militant. Et de citer l’un des vers du Rebelle chanté dans son album « Hymne à Boudiaf » : « Maci s qul hua lahu is ar-atehlu, s laqraya, stegmat, del haq ». Pour conclure, Ahmed Amrioui a précisé qu’il n’y a pas un meilleur investissement que celui qui est mis dans l’instruction et l’éducation des enfants.

Après quoi, il a été procédé à la remise des trousseaux scolaires avec cartables à trente enfants des deux sexes, résidant dans le village Ilwenisen. C’est Nadia Matoub, elle-même, qui a tenu à remettre les cadeaux aux concernés. Et chacun des enfants, avant de s’en aller joyeusement a tenu à chanter au moins un couplet d’une des chansons de Matoub. Les présents ont été tous agréablement surpris que de petits enfants connaissent d’ores et déjà les chansons de Matoub par cœur. Nadia Matoub était visiblement comblée par ces moments de grande émotion où l’ombre de Matoub Lounès n’a pas cessé de planer. De son côté, Bouaziz Ait Chebib, Président du MAK  a    pris brièvement la parole pour mettre en exergue l’importance du savoir et de la connaissance pour toute société. Il a également rendu hommage à Matoub Lounès à cette occasion. Une telle initiative gagnerait à faire tâche d’huile dans les quatre coins de la Kabylie car on ne le dira jamais assez, la seule manière de combattre l’obscurantisme et les illuminés de tous bords, c’est le savoir, le savoir et rien que le savoir au sens universel du terme. Tout le reste ne fera que suivre naturellement.

Lyès Medrati pour Tamurt