Immigration et autonomie de la Kabylie

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SOCIÉTÉ (Tamurt) – Chaque année, des centaines de jeunes diplômés Algériens, dont une grande part de Kabyles, tentent, de venir en Europe et particulièrement en France pour officiellement continuer leurs études, le but est aussi de décrocher un emploi et se faire une bonne situation.

Diverses raisons poussent ces jeunes à l’immigration : situation économique de l’Algérie, chômage volontaire ou involontaire… etc

Donc arrivés à la dernière année du cycle universitaire, la plupart des étudiants entament de longues et coûteuses démarches pour espérer obtenir un visa et être en Europe la rentrée suivante, rêvant de liberté, de fraternité et d’égalité. Dure est la désillusion une fois installés, car beaucoup d’étudiants abandonnent au cours de l’année et préfèrent retourner chez eux.

Le but de ce papier n’est pas de décourager des étudiants, mais de souligner quelques difficultés qui les attendent en France et d’aboutir à un autre constat qu’on verra plus bas.

Le premier souci généralement rencontré en France est la délivrance du titre de séjour, les files d’attente commencent à trois heures du matin dans certaines préfectures (Clin d’œil pour le 93), mais avant cela, il faut déjà pouvoir constituer le dossier de demande, l’élément principal et crucial est le justificatif de domicile. Si l’étudiant est chanceux et connaît des gens vivant dans la région où il désire effectuer ses études, ils pourront lui faire une attestation d’hébergement qui fera office de justificatif de domicile, mais qu’en est-il de celui qui n’a pas de famille ou d’amis qui accepteront de lui faire cette attestation ?

Avoir un bail de location en son nom, ce qui est quasiment impossible sans titre de séjour, le passeport algérien n’inspirant pas confiance, on reviendra sur le problème de logement plus tard.

Une fois le dossier déposé, l’étudiant attendra des mois avant de l’obtenir et pendant ce temps, il ne peut faire aucune démarche administrative (par exemple, demander une couverture maladie universelle, celle-ci sert à se faire rembourser ses soins et ses ordonnances) ou travailler légalement.

Il est nécessaire de souligner le cas particulier des étudiants algériens : ils doivent être en possession d’une autorisation de travail délivrée par la direction du travail de son département, celle ci est obtenue avec une promesse d’embauche faite par l’employeur, c’est un autre obstacle pour l’étudiant car l’employeur n’attendra pas la délivrance de l’autorisation de travail, il préférera embaucher une autre personne.

Revenons maintenant au problème de logement en France et particulièrement en région parisienne, en théorie, l’étudiant ne travaillant pas (ne disposant pas de fiches de salaire) a besoin d’une personne qui se porte garante pour lui en cas d’impayé mais dans la pratique, sans contrat de travail et de préférence un CDI et sans salaire trois fois supérieur au montant du loyer, il sera très dur de trouver une personne qui acceptera de lui louer. “On nous pousse à être des faussaires, je vais me faire un faux contrat de travail et de faux bulletins de salaire“ me confia un ami.

Certains diront “et les résidences universitaires ?“ En plus de la surcharge, celles-ci sont accordées prioritairement aux boursiers de l’état français et sans oublier les garants.

On s’arrêtera là, car tout le monde a compris que le chemin est plein d’embûches.

L’analyse qu’il convient de faire se trouve au niveau des compétences, le savoir et les différentes choses acquises en Europe. On développe souvent un grand esprit critique vis-à-vis de l’Algérie en essayant de comparer la situation économique, la société, les infrastructures… etc

Nous devons prendre conscience que le changement ne se fera pas sans l’élite de la société algérienne, la triste réalité est que cette élite fuit vers l’étranger dans l’espérance d’une vie meilleure.

Le régime algérien continue à travers sa pseudo-politique à dénigrer ses intellectuels, museler la presse et rendre le pays éternellement dépendant de la rente pétrolière.

Une prise de conscience de toute l’Algérie s’avère être une utopie, mais la population kabyle a toujours su qu’on était sur une pente savonneuse, la Kabylie a toujours été une opposante au pouvoir algérien.

En conclusion, je dirais qu’à défaut d’une Algérie développée, il vaut mieux consacrer nos forces pour un état kabyle où nos diplômés ne seront pas tentés d’aller galérer à l’étranger, un état qui garantira toutes les libertés fondamentales, un état où les postes de travail ne seront pas octroyés selon le nombre de personnes influentes qu’on connaît mais selon ses compétences.