Inauguration de la statue de Mouloud Mammeri : Aucun militant de la cause berbère n’était présent

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Mammeri à Ath Yenni

TIZI-OUZOU (Tamurt) – Il est tout à fait clair que c’est le pouvoir qui a fomenté l’événement consistant en l’inauguration de la statue de Mouloud Mammeri dans la localité d’Ath Yani.

Cette initiative est loin d’être sans arrières pensées. En effet, depuis que le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie a pris de l’ampleur, le pouvoir algérien a mobilisé toutes ses capacités par peur que les vrais symboles de la Kabylie servent naturellement à conforter le MAK et son projet d’indépendance de la Kabylie. Le pouvoir a commencé par ses tentatives répétées de récupérer la mémoire de Matoub Lounes en misant sur sa sœur Malika, qui veut lui offrir sur un plateau d’argent le domicile du Rebelle pour en faire une annexe de la Kasma du FLN en plein cœur de la Kabylie.

Puis d’autres symboles de la Kabylie ont été également visés par le pouvoir avant d’en arriver à Mouloud Mammeri, celui qui a jeté les premiers jalons de la recherche académique dans le domaine de la culture et langue amazighe. C’est donc dans cette optique que l’inauguration de la statue de Matoub s’inscrit. D’ailleurs, initialement, l’inauguration de ladite stèle devait avoir lieu le 20 avril dernier à l’occasion de l’anniversaire du printemps berbère mais les forces occultes et malsaines qui gèrent ce genre de choses en Algérie ont décidé de ne pas organiser cette action symbolique un 20 avril, sans livrer aucune explication valable.

Puis, l’inauguration de ladite statue n’a pas cessé d’être remise aux calendes grecques. Il a fallu attendre la fin du mois de juillet pour qu’enfin la statue soit dévoilée. Mais le hic dans cette histoire, c’est aussi le fait que Mouloud Mammeri étant d’abord et avant tout un militant de la culture berbère, la logique aurait voulu que les premiers à être conviés à ladite cérémonie, ce sont les militants de la cause amazighe. Or, il se trouve que la majorité des présents (en dehors des honnêtes citoyens venus à titre individuel par conviction), ce sont des représentants du pouvoir algérien, qu’ils soient élus grâce au bourrage des urnes ou bien des pions du même pouvoir, recrutés sur la base des critères évidents de docilité, de versatilité et de soumission. Il y avait même des élus du FLN et des représentants du même parti, le même qui a interdit à Mouloud Mammeri de tenir sa conférence en mars 1980 et ayant réprimé les kabyles durant le printemps de cette année.

De tels scénarios diaboliques de récupération des symboles de la Kabylie sont vite détectés par les kabyles qui savent à quoi rime tout cet « amour » subit que le pouvoir algérien fait mine d’exprimer à l’égard des étoiles de la Kabylie. Mais peut-on tromper un peuple tout le temps ? Qui est dupe au point de répondre que c’est possible ?

Tahar Khellaf