Incertitude sur le vote des Algériens en France et risque d’abstention – Législatives : le choix du 10 mai vire au casse-tête pour le pouvoir

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Pour Paris, il est hors de question de laisser les Algériens voter
pour leurs élections le jour où a lieu un scrutin présidentiel
français. Une telle décision pourrait en effet provoquer une vive
polémique et être exploitée par l’extrême-droite contre le candidat
sortant Nicolas Sarkozy. Sans compter que de nombreux Algériens vivant
en France sont des binationaux. Il leur serait difficile de voter le
même jour pour deux scrutins. La proposition algérienne d’organiser le
scrutin en France a donc été refusée. Selon nos informations, la
France a proposé d’organiser le vote le mardi 8 mai, jour férié en
France. Mais l’Algérie n’a toujours pas donné son accord.

Pour le gouvernement algérien, la situation est embarrassante. Le vote
des immigrés vivant en France est très important surtout dans un
contexte de fortes incertitudes sur la participation. On se souvient
que lors de l’élection présidentielle de 1995, la forte participation
des électeurs en France avait eu un effet de mobilisation sans
précédent en Algérie, offrant une légitimité au président Liamine
Zeroual. Depuis, à chaque scrutin, les autorités accordent un grand
intérêt au déroulement des élections auprès de la communauté
algérienne en France.

Mais le problème de la date du 10 mai ne se pose pas uniquement en
France. Jusque-là, le jour du scrutin correspondait au premier jour du
week-end. Mais depuis 2009, l’Algérie a adopté un nouveau week-end, le
vendredi et samedi. Les législatives du 10 mai seront les premières
élections organisées depuis l’adoption du nouveau week-end. Alors
qu’il déploie d’importants efforts pour lutter contre l’abstention, le
gouvernement a choisi d’organiser le scrutin un jeudi, un jour ouvré…