Installation du Comité de  Veille et d’Alerte 

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COMMUNIQUE (Tamurt) – La Kabylie traverse une conjoncture difficile marquée par le soulèvement de la jeunesse kabyle contre la politique assimilationniste de l’Etat algérien qui tente depuis 1962 de faire de la Kabylie une province d’un monde arabe, factice et mensonger, qui n’a aucune légitimité en Kabylie et au-delà dans toute l’Afrique du nord.

Fidèle  à ses habitudes, l’Etat algérien tente de détourner le sens de ces manifestations estudiantines  qu’il faut lire, non pas comme une simple revendication linguistique comme on tente de nous le faire croire mais bien comme une remise en cause  frontale, et en profondeur, de la définition de l’identité de la Kabylie. Or celle-ci se dissocie ouvertement de l’arnaque du triptyque mensonger de  l’« arabité-islamité-amazighité ». La Kabylie ne se reconnait que dans sa kabylité et dans son amazighité. L’arabité, comme toute autre identité étrangère venu en conquérante, n’y a aucun droit ni aucune légitimité ; quant aux religions, elles relèvent du choix strictement personnel des individus et ne constituent en aucun cas des référents identitaires. Ainsi, la jeunesse kabyle s’est massivement impliquée dans la défense de son identité contre la politique colonialiste de l’État algérien qui lui impose la langue d’un conquérant au détriment de la sienne. Au sein de cette jeunesse, la dynamique indépendantiste gagne sans cesse du terrain. La multiplication des drapeaux kabyles et amazighs conjuguée à l’absence totale du drapeau algérien en est un signe révélateur. A Tuβiret, le régime colonial algérien  qui veut dissocier cette région du reste de la Kabylie, ne s’est pas contenté de réprimer sauvagement les manifestant, il a tenté de rééditer le scénario de Ghardaïa afin de semer les graines d’une guerre civile à laquelle il donnera une étiquette prétendument  intercommunautaire alors qu’il en est l’artisan et l’instigateur. Pour parer à la répression du pouvoir colonial algérien qui veut rééditer un autre printemps sanglant en Kabylie, l’URK appelle à la vigilance et  met en place un comité de veille et d’alerte (CVA)  et appelle les acteurs politiques et sociaux  à une large concertation pour  faire échouer les plans diaboliques du régime colonial algérien. Pris de rage face à l’échec de ses tentatives précédentes de découragement de la militance kabyle, les services algériens n’ont pas perdu de temps pour tenter de diaboliser, dès son lancement, l’URK aux yeux des Kabyles. Les attaques vont de l’insulte aux mensonges  jusqu’à l’invention de déclarations fictives (comme l’atteste l’absence de source) attribuées à des militants dans le seul but de les disqualifier. Mais, hormis une poignée d’enragés, le plus souvent sous pseudos, qui mène une nouvelle campagne de dénigrement et d’insultes sur les réseaux sociaux, les kabyles ne sont plus dupes des manigances  du régime algérien qui nourrit la haine, sème le doute et tente de mener les kabyles à se détester et à se combattre entre eux au lieu de se battre ensemble, même différemment, pour un même objectif.

Fidèle aux valeurs kabyles qui incarnent la démocratie, la dignité, la liberté, le respect, la solidarité et la fraternité, l’URK  réprouve la pratique de l’invective et  affirme sa culture d’ouverture dans la diversité et la sérénité. L’URK refuse de céder à l’atmosphère d’animosité ouverte que le pouvoir algérien tente d’installer entre les militants et les diverses organisations politiques kabyles. Il est important de ne pas reproduire les erreurs de nos ainés, en particulier celles de constamment se tromper d’ennemis. Ne perdons pas de vue que ces  polémiques avilissantes pour la militance kabyle ne font que renforcer  l’emprise colonialiste de l’Etat algérien sur le peuple kabyle. Il est temps de cesser de prêter le flanc au démantèlement du peuple et de la nation kabyles. Notre énergie toute entière doit être dirigée contre la dictature coloniale du régime algérien et non contre les militants ou les simples citoyens qui ne partagent pas, ou pas encore, nos points de vue. La diversité est une nécessité pour la vitalité politique de la Kabylie. L’URK ne se positionne pas comme un concurrent au MAK/G.P.K. ou au RPK, notre Mouvement ambitionne d’oser et de réussir le partenariat avec toutes les forces politiques souverainistes, dans le respect mutuel et la solidarité. L’URK soutiendra toute action susceptible de faire avancer la cause kabyle, à l’image notamment de cette ferveur de la jeunesse kabyle pour son identité et sa liberté.

Vive l’union dans la diversité
Vive la République kabyle