Intempéries en Kabylie : La situation est toujours catastrophique même si les autorités soutiennent le contraire

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KABYLIE (Tamurt) – Au sixième jour des intempéries qui frappent tout le nord algérien, la situation est toujours catastrophique en Kabylie, particulièrement dans la wilaya de Tizi-wezzu, même si les autorités soutiennent le contraire.

En tout cas, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) est arrivé au même constat que Tamurt.info. Plus encore ! Le parti du Dr Saïd Sadi est allé jusqu’à dénoncer la radio Djurdjura de Tizi-Wezzu pour son rôle peu enviable d’organe de « désinformation ».

En effet, dans une déclaration rendue publique et dont nous détenons une copie, le Bureau Régionale RCD de Tizi-Wezzu souligne dans le préambule de ladite déclaration que « suite à l’inhabituelle tempête et la brutale vague de froid, la Kabylie vit, depuis quelques jours, un véritable désastre humain ». « Cette situation, ordinaire dans tous les pays qui se respectent, peut-on encore lire au début du document, montre chez-nous les limites, l’incompétence et la démission du pouvoir algérien, malgré la disponibilité, dit-on de milliards de dollars ».

L’instance régionale de Tizi-Wezzu du RCD poursuit que « que les citoyens de notre région vivent, depuis le début de ces intempéries, un véritable enfer » et, au même temps, soutient que « les honteux mensonges ressassés à longueur de journée dans notre pseudo radio, par des chefs au chaud avec leurs enfants, ne changeront rien ». Tout en affirmant que personne n’est dupe, les signataires de la déclaration ajoutent que « la catastrophe que vivent au quotidien les Kabyles ne suscitera aucune réaction effective des décideurs qui se contenteront, pour la galerie, de pieuses générosités lancées sur des ondes complices ».

Le parti du Dr Saïd Sadi clame que « la réalité, il faut bien le dire, est que les Kabyles grelottent de froid, qu’ils ont faim, qu’ils vivent à la bougie et qu’ils sont coupés du reste du monde et, souvent, sans possibilité de soins ». « Pendant ce temps, poursuit le Bureau Régional RCD de Tizi-Wezzu, les spéculateurs de tous bords s’en donnent à cœur joie, sous l’œil indifférent ou indulgent des pouvoirs publics qui préfèrent jacasser à longueur de journée sur les ondes d’une radio aux ordres ».

Telle donc est la réalité selon le parti du Dr Saïd Sadi qui estime que, « tous le reste n’est que littérature pour continuer à endormir le peuple ». « La radio locale, appelée pompeusement « RADIO DJURDJURA », constatent les rédacteurs de la déclaration bat tous les records de désinformation et de langue de bois ». «Toute honte bue, inlassablement et à longueur de journée, louanges, bénédictions et remerciements sont distribués à tous les responsables de la wilaya pour « leur dévouement, courage, abnégation… », analysent encore les signataires de la déclaration avant de poursuivre que « cette radio invite, à tour de bras, les innombrables responsables qui se congratulent et se jettent des fleurs les uns aux autres, heureux de l’excellent travail fait au bénéfice des « indigènes », même si au 6ème jour, la majorité des routes demeurent bloquées, l’électricité non rétablie dans beaucoup de villages, le gaz butane introuvable, le gasoil, malgré sa disponibilité, n’est pas toujours acheminé vers beaucoup de localités, les denrées alimentaires manquent cruellement dans les magasins ». « Radio de Tizi-Wezzu qui n’a de Tizi-Wezzu que le nom, accuse encore le RCD, fait intervenir, en boucle, entre autres et en particuliers, les chefs de daïra qui se félicitent en direct et remercient la DUCH, la DLEP, la SONELGAZ, NAFTAL, la DMI, la DIP…pour tous les miracles qu’ils font au quotidien » pour ironiser ensuite : « Grâce à la générosité de tout ce beau monde, les « indigènes de Kabylie » ne manquent de rien en ces temps pénibles de neige et de froid » pour dégager la conclusion de ce qui semble être une très belle métaphore : « Tous ces « gens d’en haut » semblent dire aux milliers de citoyens qui souffrent : « N’ayez crainte, Bouteflika veille sur vous ! » ».

Enfin, les signataires de la déclaration relèvent que « le RCD de Tizi-Wezzu qui, depuis les BMS annonçant les grandes intempéries, a instruit l’ensemble de ses élus pour assister effectivement la population dans tous les besoins, dénonce avec vigueur les pouvoirs publics qui ont abandonné les citoyens à leur sort, comme il condamne la désinformation orchestrée avec la complicité de la radio locale qui s’est prêtée au jeu avec zèle » et que leur parti, « tout en exprimant sa disponibilité sans faille, appelle la population à continuer à agir avec son sens légendaire de la solidarité, pour faire face à l’urgence et à la gravité de la situation ».

En ce qui la concerne, l’instance nationale du RCD assure à travers un écrit intitulé : « Drames dans la neige : l’anachronisme du système » ce qui suit : « Depuis une semaine, une tempête de neige provoque drames sur drames dans tout le nord algérien. L’administration centrale qui a confisqué l’ensemble des prérogatives laisse les élus locaux se débattre seuls face à la détresse de leurs administrés.

Aucune stratégie de prévention n’a été mise en place pour mobiliser les pouvoirs publics en vue de stocker nourriture, médicaments, gaz et fioul. Le salage des routes n’a même pas été envisagé. Des dizaines de citoyens ont péri par hypothermie, méconnaissances de risques, imprudence et, maintenant, dans certains cas, par sous-alimentation.

Partout, la colère gronde et même devant la violence des intempéries et dans le dénuement, les populations trouvent encore assez de force pour crier leur indignation. Chaque catastrophe naturelle est payée cash. Inondations, séismes, incendies des forêts, tempêtes de neige endeuillent le pays de manière récurrente. A ce jour, il n’y eu ni sanction ne même enquête sérieuse après ces épreuves.

Pendant que les Algériens meurent de froid et de faim, le conseil des ministres, tenu le 7 février, tout occupé par sa carte électorale, n’a pas soufflé le moindre mot sur les souffrances endurées par les populations.

Auparavant, le ministère de l’intérieur avait squatté la téléphonie mobile pour persuader le peuple de la décision du pouvoir d’abandonner les fraudes. Chargé des collectivités locales, ce même département n’a pris aucune initiative pour instruire les citoyens sur les procédures à suivre face à des bouleversements météorologiques prévisibles.

Imaginé par la propagande et la domestication, le logiciel du système est inapte à communiquer sainement avec la société. Les drames en cours illustrent une évidence historique : l’Etat n’a jamais été conçu ou structuré pour assurer la sécurité et l’émancipation de l’Algérien. Le régime s’est assigné des missions de contrôle, de soumission et de répression ; autant de fonctions incompatibles avec l’écoute, la compréhension et l’action au bénéficie du citoyen.

Le RCD dont les cadres et les militants se sont partout mobilisés pour accompagner et aider leurs concitoyens s’associe à la douleur des familles éplorées par ces drames et ces injustices et partage la légitime colère des Algériens qui découvrent une fois de plus à leur dépend le prix du détournement et du dévoiement du potentiel de leur pays ».

Saïd Tissegouine