IZENẒAREN – Dans le sens du combat de la Kabylie

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Durant une heure trente, des débats intenses sont échangés entre Murad Ali Mamer, le parolier et porte-parole du groupe et des auditeurs intervenant à partir des Etats-Unis, du Canada, de France, d’Algérie et de Kabylie.

_ Après une éclipse involontaire qui a duré 2 décennies, le groupe est de retour avec plus de force et de détermination. En l’espace de quelques mois, il a produit déjà 2 albums et le troisième, en chantier, sera prêt au début de l’été prochain.

_ Pour expliquer cette relative prolixité, Mass Ali Mamer nous informe que les produits étaient en gestation depuis des années mais que des conjonctures n’ont pas permis leur sortie. D’un autre côté, il explique que le retour du groupe était aussi aiguillonné par le devoir de contribuer, avec les moyens qui sont les siens, au raffermissement de la chanson kabyle de combat qui tend à être noyée par une prolifération de produits bas de gamme dont le négoce est la seule finalité ; ce qui se fait bien entendu, au détriment de la chanson à textes, réduite à un parent pauvre de l’éventail artistique kabyle.

_ En Kabylie, de l’air à l’air, il n’y a pas plus que de l’air.

_ Le groupe artistique Izenẓaren est en train de restituer le sens du combat de la chanson, de rallier les générations autour de ce même combat, mais surtout d’insuffler un regain d’oxygène et de libre mouvement à la chanson kabyle contestataire longtemps prise en otage par le pouvoir qui favorise la soumission, la compromission ou le folklorisme et des éditeurs, de même acabit et eux-mêmes imprégnés de cette culture de soumission et de rapport immédiat.

_ Le groupe est fort du soutien populaire qui lui est dédié à chacune de ses sorties.
Ses artistes ne chantent pas pour plaire, ils ne chantent pas pour déplaire ; ils chantent pour dire les immenses souffrances du peuple kabyle agressé par le pouvoir, l’islamisme que celui-ci entretient ; par la facilitation et le soutien financier sans retenue à une sous-culture destinée à assimiler de force le peuple kabyle à l’arabo-islamisme.

_ Izenẓaren, ce n’est bien sûr pas seulement Murad Ali Mamer, Fawzi Aït Mohand ou Krim Ali Mamer… C’est en fin de compte des milliers de Kabyles qui redressent la tête et disent que la Kabylie des citoyennes et citoyens et celle des arts vivront libres, autonomes et solidaires.

_ Le groupe est l’antithèse de certains chanteurs kabyles qui ont brocanté leur talent contre du dinar et qui sont devenus des ouvreurs de festivals à la gloire du pouvoir et de la culture arabo-islamique qui nous oppresse.

_ L’album titré “Amezruy-n tmurt” compte 8 chansons autour de plusieurs thèmes.
_ – Amezruy n tmurt (la saga de la résistance contre les envahisseurs)
_ – Ameḥvus
_ – Taḥya
_ – Targit
_ – Cciṭan
_ – Tamurt d uvernus
_ – Tiniḍ asen
_ – Udem n tayri

_ sont autant de titres qui embaument les cœurs, secouent les consciences et fouettent l’esprit de résistance de la Kabylie éternelle.