Le jeu et les mots qui bouleversent

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MONTREAL (Tamurt) – Du grand art au Théâtre La Chapelle ! Allez-y, mes amis, vous ne le regretterez pas. La comédienne Marie-Anne Alepin est époustouflante. Je ne le dis pas pour lui jeter des fleurs. Les murs et le public ont vibré hier au rythme de sa voix et de ses pas, lesquels font exploser, comme tant de roses et d’épines, les images et les mots de ma pièce Toute femme est une étoile qui pleure.

Qui a dit que les poètes ne pleurent pas ? J’ai versé des larmes comme un enfant, impuissant, nu et fragile devant la tragédie et l’absurdité des hommes. Entre cauchemar et réalité, entre amour interdit et folie sans fin, j’ai voyagé dans des mondes surprenants, où l’art théâtral le plus achevé défie la mort et le sang, les étoiles et les dieux.

Il est des comédiens qui savent parler au cœur avant de faire pleurer les yeux. Tout est dans le jeu, la sensibilité, le ton, l’émotion, le rythme des doigts et des lèvres. Marie-Anne Alepin sait faire tout cela, avec justesse et entrain. C’est une question de dosage. Elle joue quand il faut, chante quand elle veut et verse des larmes quand le public a soif. Sainte alchimie !

J’ai écrit ce texte à ma façon, j’ai puisé les mots du fond de mes entrailles, souvent avec douleur et émerveillement, c’est dans le but de toucher les lecteurs. Marie-Anne Alepin a fait plus que moi, elle l’a incarné dans une art surhumain, comme pour pénétrer l’âme des gens, afin d’y diffuser lumière, poésie, amour et éternité.

Toute femme est une étoile qui pleure, Théâtre La Chapelle, 3700 rue Saint-Dominique, jusqu’au 10 décembre. Mise en scène de Francine Alepin. Productions Kléos.

Karim Akouche