Journée Internationale de la presse « Plume assassine »

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plume assassine d'un journaliste

ALGÉRIE  (Tamurt) – Telle une planche de bois flottant sur la surface de l’eau et résistant à l’immersion, la plume suit son chemin sans discontinu. Tant enfoncée dans les profondeurs, tant elle remonte à la surface avec vélocité. Il en est de même pour la plume qui fait tache d’encre sur une feuille déjà noircie. Même les tentatives de dessèchement exercées par les ennemis de la liberté d’expression resteront vaines face à l’audace et la témérité des « soldats de l’encre ».

Puisant l’encre dans une rivière intarissable, la plume s’échauffe et se libère, dénonçant et dévoilant au grand jour des vérités qui dérangent. Ces « chasseurs de lumière », dont la mission consiste à museler et enchaîner des mains qui calligraphient. Des nuages épais obscurcissent la scène médiatique en baissant les rideaux pour qu’aucun faisceau lumineux n’apparaisse. Mais que dalle ! Car, c’est la tête qui écrit et les mains ne font qu’obéir.

Il serait crédule de croire que si une fleur est arrachée d’un pré, l’année d’après il n’y aurait plus de fleurs. Même si le foyer des journalistes a payé un lourd tribut à la décennie noire, et continue d’endurer ses souffrances, le devoir d’informer subsisterait tant que des hommes et des femmes continuent de croire en leur bonne étoile. Les sévères admonestations adressées aux journalistes ne sont pas que dissuasives, mais au contraire, c’est une tentative de mettre le holà au droit d’information.

Désigné  comme le seul coupable des échauffourées qui se déclenchent de par diverses régions, le journaliste est le coupable idéal pour éponger les graves dérives d’un système invétéré. Accusé de colportage de fausses informations et d’hérésie, le pouvoir fait le gendarme en laissant le champ libre qu’aux écrits apologétiques et panégyriques.

Même si le métier de journaliste est semé d’écueils, cela ne bridera en aucun cas la hardiesse de ceux qui emploient la plume tel un soc d’araire, sillonnant le sol et semant la vérité. Les pratiques de vendetta exercées quotidiennement contre la famille des journalistes n’ébranleront aucunement la conviction de ceux ayant choisi par passion et par patience cette noble profession. Tous ces procès qui se répètent et se ressemblent ne visent qu’à éteindre le soleil pour qu’aucun rai de vérité ne vienne déranger ces yeux accoutumés au décor des ténèbres.

La sortie médiatique du ministre chargé de la communication, voulant être rassurant à l’égard des journalistes en leur promettant plus de souplesse et de largesse rime avec sournoiserie et poltronnerie. Et pour cause, le paysage médiatique algérien est truffé de manigances où  une ribambelle de quotidiens ne fait que relayer ce qui leur est dicté par le pouvoir d’Alger. La décente en flammes contre le MAK par certains quotidiens comme « Echourouk » et « Ennahar »  et les appels tonitruants à l’unité nationale découlent de la volonté des gens du sérail à mieux faire passer la pilule. Ces relayeurs de boniments et bobards sont l’opprobre de l’éthique journalistique. Les pressions exercées au quotidien sur des journalistes, dignes de ce nom, corroborer l’absence de volonté d’ouverture, condamnant ainsi la liberté d’expression à l’enclosure.

Amnay