Journée Kabyle de l’Etudiant, la grande famille du MAK se recueille sur la tombe de Kamal Amzal

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HOMMAGE (Tamurt) – Dès son arrivée à Tiferdhoudh, village natal du défunt, la délégation du MAK a été accueillie chaleureusement et fièrement par la famille de sang, à savoir la mère et les deux sœurs de feu Kamal Amzal, et les villageois. Une fois informés de la noble mission du MAK, un grand cortège fut aussitôt formé pour se diriger ensuite sous la pluie vers le cimetière où repose l’étudiant martyr. Il va sans dire que tout au long du chemin, les couleurs kabyles ont flotté au vent.

Une fois arrivés au cimetière, les manifestants ont déposé une gerbe de fleurs
sur la tombe de celui qui, pour la liberté, la démocratie et la dignité, a perdu la vie un certain funeste jour du 2 novembre 1982 alors qu’il n’avait que 20 ans. Au geste de dépôt de la gerbe de fleurs se succéda l’observation d’une minute de silence à la mémoire du martyr.

Ensuite, les responsables du MAK ont pris la parole pour souligner que la mort de Kamel Amzal n’est pas vaine. « En réalité, ont-ils dit, il n’y a que ceux qui l’ont assassiné qui ont cru à sa mort car, pour nous, il est toujours vivant et il est même un symbole pour nous et la Kabylie
entière ».

Cette cérémonie de recueillement était sur le point d’être clôturée quand un triste
individu se croyant le dépositaire de la mémoire du défunt a commencé à faire de l’agitation.
Il est allé même à nous menacer des pires représailles au cas où nous allions le prendre en
photo ou faire allusion à son intervention. « Je t’assure, Monsieur le journaliste, que si tu me
prenais en photo ou faire allusion à ma fonction ou à ce que je représente, tu subirais ce qu’a
subi un journaliste comme toi un certain jour de l’année 1986 ». Qui est donc ce terroriste qui
a osé menacer de pires représailles un journaliste qui n’a fait qu’assurer une couverture
médiatique à un événement grandiose ? Après quelques renseignements recueillis un plus tard,
ce terroriste et fanatique s’avère être un élu local. Il serait même membre de l’exécutif. Ce
triste individu s’autoproclamant « protecteur de la mémoire du martyr Kamel Amzal irait à
commettre l’assassinat d’un journaliste ? Mais enfin, quel est ce parti politique qui garde en
son sein un terroriste ? Serait-ce la sympathie indéfectible et la confiance totale que manifeste
le peuple kabyle au MAK qui a fait perdre à cet élu de la 25ème heure son sang-froid ? Toutes
les hypothèses sont possibles. Cependant, il n’y a pas lieu d’oublier ou même feindre
d’oublier que la Kabylie dont la fierté, toujours intacte, remonte à la nuit des temps ne en
aucun tolérer sur son sol un terroriste. En Kabylie, on empêche les terroristes de nuire. Par
ailleurs, le parti politique laissant ce triste individu agissant sous ses couleurs doit assumer ses
responsabilités. Il y va de son intérêt, de celui de la Kabylie et de la civilisation.

Qui est Kamal Amzal ?

Kamal Amzal est né le 13 octobre 1962 au village de Tiferdhoudh, commune de Aïn El
Hammam. Après avoir sa fait sa scolarité, du primaire jusqu’à la fin du cycle secondaire, il fit
son inscription à l’université de Ben Aknou (Alger) une fois le baccalauréat en poche. C’est
à un âge précoce que le jeune Kamal a découvert que quelque chose manquait quant à son
épanouissement total. Cette chose de grande vitalité est la reconnaissance de son identité et de
sa culture. Puisque je suis un être humain, j’ai un pays de naissance, s’était-il dit, je dois être
donc reconnu et identifié comme tel. Dès qu’il trouva toutes les réponses à ses questions, le jeune homme s’engagea dans le combat pour la reconnaissance de son groupe ethnique et de
tout ce qu’il véhiculait comme éléments d’identité. Hélas, l’Algérie de ce début de la décennie
1980 était en pleine confusion identitaire. (la confusion identitaire est un dixit du Dr Chabane
Aït El Hadj). Aussi, ce combat pour l’identité attira au jeune militant la méfiance puis la haine
des islamistes lesquels étaient les instruments de destruction entre les mains du pouvoir. Le
jeune Kamal savait qu’il dérangeait et connaissait les risques qu’il encourait. Mais la force
et la soif de se faire reconnaître comme tel l’emporta sur le reste. Hélas, en ce jour du 2
novembre 1982, un islamiste s’octroya le droit de le tuer. Kamal Amzal fut assassiné à la cité
universitaire de Ben Aknoun.

Addenda :

Nos fidèles lecteurs doivent savoir que le choix porté sur le 2 Novembre comme journée nationale de l’Etudiant kabyle n’est pas fortuit. Une sérieuse étude a y été consacrée par la cellule de réflexion du MAK d’où le décret qui s’en suivit et que voici :

Gouvernement Provisoire Kabyle

Décret N° GZM/20I0/18ASAN/10

Le Président du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) (Gouvernement Kabyle)

– Considérant la déclaration du MCN-Rassemblement National du 5 juin 200I,
– Considérant le congrès constitutif du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie
(MAK) du I4/08/2007 et ses textes fondamentaux qui sont le Projet d’Autonomie de la Kabylie (PAK) et la Charte des Droits du peuple Kabyle et de la Kabylie (CDK),
– Considérant la création du Gouvernement Provisoire Kabyle du 2I / 04 /20I0,
– Considérant la délibération du Conseil National du MAK du 23 mai 20I0 donnant la
présidence du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) Aqvayli à Monsieur Ferhat Mehenni, alias Ferhat At Saïd,
– Considérant le décret N° : GZM/20I0/02/ASAN/05,
– Considérant l’installation du Gouvernement Provisoire Kabyle ou l’G.P.K. le Ier juin 2010, Considérant la délibération du Conseil des Ministres du Gouvernement Kabyle, le 03/10/2010 sur la base d’une proposition citoyenne,
– Considérant l’assassinat de l’étudiant militant martyr Kamel Amzal le 02/II/I982 à l’université de Ben Aknoun par un islamiste algérien,

DECRETE

– Article I : Il est institué une JOURNEE NATIONALE DE L’ ETUDIANT KABYLE.
– Article II : Sa date est fixée pour le 2 novembre.
– Article III : Les membres du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) sont tenus, chacun dans son domaine de compétence, de s’impliquer dans sa célébration.
– Article IV : Ce décret prend effet à partir de sa publication au Journal Officiel du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK).

Fait le 18 octobre 2010

Le président du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK)

Ferhat At Saïd (Ferhat Mehenni selon l’état-civil colonial)

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