Les kabyles peuvent poursuivre en justice Zerhouni, Benflis et Bouteflika pour crimes

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Zerhouni et Bouteflika

ALGÉRIE (Tamurt) – Les trois principaux criminels qui étaient derrière la mort de plus de 120 jeunes kabyles peuvent être poursuivis en justice dans des tribunaux internationaux. Si pour Bouteflika la procédure est très compliquée du point de vu juridique, puisqu’il a le statut de chef d’Etat, pour les deux autres anciens décideurs, à savoir Benflis et Zerhouni, les kabyles et plus particulièrement les parents des victimes peuvent déposer une plainte pour crime au niveau du tribunal Hollandais de la Haye.

Les preuves ne manquent pas. Ali Benflis avait qualifié, en direct à la télévision au soir de 14 juin 2001, les kabyles de terroristes. Des témoins affirment que même des prisonniers ont été libérés la vielle de 14 juin 2001 par Benflis pour tuer les kabyles à Alger. Pour Zerhouni, c’était lui qui était à l’origine de tout le drame qui a ensanglanté la Kabylie entre 2001 et 2002. Du point de vu juridique, des plaintes individuelles ou collectives peuvent être déposées, soit par les proches des victimes ou bien par des mouvements ou organisations kabyles qui peuvent se constituer partie civile. Les blessés et  les anciens prisonniers durant cette période ont amplement le droit de poursuivre en justice toute personne identifiée comme étant responsable de ce qu’il leur est arrivé. Plusieurs victimes ont eu gain de cause, même si les procédures ne sont sont pas faciles. Il faut tout un travail de longue haleine, mais c’est plus qu’un devoir pour défendre la mémoire des victimes du printemps noir. Les bourreaux sont toujours en vie, donc il est temps de procéder à des poursuites judiciaires.

Pourquoi les anciens délégués ont lâché complètement l’affaire? Ceux qui n’ont pas négocié avec Ouyahia gardent quand même leur crédibilité et connaissent mieux que personne le dossier. En plus des décideurs, même des simples gendarmes ou policiers criminels peuvent être poursuivis  en justice. Les souverainistes kabyles doivent aussi se pencher sur ce dossier. La première preuve de criminalisation du régime durant les événements de 2001-2003 de la Kabylie, c’est la reconnaissance de ce même régime de statut de victimes aux blessés et aux jeunes assassinés. Les famille de victimes ne doivent pas se contenter des petites pensions. La vie et la dignité n’ont pas de prix.

Ravah Amokrane