Les kabyles s’en souviennent : « Boumediene était synonyme de terreur »

1
Boumediene

ALGÉRIE (Tamurt) – Ceux qui avaient plus de seize ans dans les années soixante-dix se souviennent parfaitement de cette époque où régnait,  en Algérie, une peur inouïe qui hantait tous les esprits et tous les lieux. C’était l’époque où Houari Boumediene était président de la République.

Un poste qu’il occupe après avoir fait un coup d’Etat à Ahmed Ben Bella un certain 19 juin 1965. Non satisfait d’avoir été l’auteur d’un coup d’Etat, Houari Boumediene prend même la décision de faire du 19 juin un jour férié ! Il donne aussi cette date au stade d’Oran que Bouteflika débaptisera par la suite en lui attribuant le nom du premier condamné à mort de la guerre, Ahmed Zabana. Dès sa prise de pouvoir, Houari Boumediene, qui n’avait même pas le courage de s’afficher avec son véritable nom : Mohamed Boukherouba, même quand il devient président, n’a pas caché sa haine envers les kabyles et leur culture. Il a fait régner un climat de terreur sur tous ceux osaient revendiquer la vérité historique consistant à reconnaître que le peuple d’Algérie était berbère et non pas arabe,  tel que martelé de manière ridicule et à trois reprises par Ahmed Ben Bella au lendemain de l’indépendance. « Parler en kabyle même à Alger pouvait vous mener aux geôles de Boumediene », se souvient Ahmed, qui avait entre vingt-cinq et trente ans dans les années soixante-dix. Malgré cette terreur, notre interlocuteur a milité pour sa langue amazighe. Mais en cachette et en prenant énormément de précautions. Un autre citoyen de Bougie rappelle que la politique de Boumediene était basée sur le règne de la peur et de la terreur.

De bout en bout, la période de la présidence de Boumediene était synonyme de terreur, en plus de tous les crimes politiques commis durant ses mandats comme les meurtres de Krim Belkacem et Mohamed Khider. C’est durant la période de Houari Boumediene que l’identité amazighe a subi le plus d’agressions. Elle était non seulement bannie mais ses défenseurs étaient exposés aux pires représailles.

Tahar Khellaf pour Tamurt