Kabylie : Arezki Ait Larbi et Mouloud Lounaouci plaident pour l’autonomie

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KABYLIE (Tamurt) – Les deux anciens détenus du printemps berbère, Arezki Ait Larbi et Mouloud Lounaouci, ont plaidé clairement en faveur de l’autonomie de la Kabylie. A l’occasion de leurs sorties médiatiques dans le cadre de la célébration du trente-huitième anniversaire du printemps berbère, ces deux figures de proue du combat identitaire ont développé cette option en avançant des arguments percutants.

Ainsi, Arezki Ait Larbi, également journaliste et directeur de la maison d’édition « Koukou », estime que le concept de l’état-nation, hérité de la colonisation, est dépassé : « ce contrat risque d’être une chimère, un vœu pieu car l’unité nationale au nom des « tawabit »(constantes) a atteint ses limites : une nation menacée d’éclatement, une langue dominante qui peine à dominer les défis du siècle, une religion de plus en plus intolérante et un parti unique décliné au pluriel », explique Arezki Ait Larbi.

Ce dernier estime que le triptyque arabité-islamité-amazighité est une imposture. Arezki Ait Larbi préconise que l’on suive les modèles de pays civilisés comme la Suisse, le Canada et la Belgique. Arezki Ait Larbi conclut que : « l’autonomie des régions est la seule voie pour préserver les spécificités linguistiques et culturelles ». De son côté, Mouloud Lounaouci, qu, à l’instar d’Arezki Ait Larbi, a fait partie des vingt quatre détenus du printemps berbère, abonde dans le même sens et expose les mêmes convictions politiques et les mêmes perspectives pour la Kabylie.

Pour Mouloud Lounaouci, il faudrait une autre organisation de l’Etat  qui prenne en compte les régions et leurs particularismes. Selon Mouloud Lounaouci, seul le changement de la nature de l’Etat peut résoudre la question de l’égalité citoyenne. L’Etat région, estime Mouloud Lounaouci, répond à l’exigence d’une gestion moderne de la cité : ce modèle d’Etat aura, en outre, la particularité de s’ouvrir sur l’Afrique du Nord en tant que supra-nation et sur la Méditerranée pour une universalité bien comprise.

Tahar Khellaf