Karim AKOUCHE à Marseille : « Un peuple qui ne défend pas sa liberté et sa dignité est mur pour l’esclavage »

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CULTURE (Tamurt) – Profitant de la tournée en France du célèbre jeune écrivain Kabyle Karim AKOUCHE, résidant au Canada, l’association Franco Kabyle 13 l’a invité pour une conférence débat et vente dédicace de son dernier roman « Allah au pays des enfants perdus ».

Le rendez-vous littéraire de 14 heures à la cité des associations auquel semble vouloir nous habituer cette association a drainé quelque dizaines de kabyles malgré l’irrésistible beau temps.

Karim AKOUCHE a d’entrée à travers son éloquente intervention parlé longuement des auteurs qui l’ont le plus inspiré et poussé à l’écriture comme Camus, Rabelais, Cervantès… en faisant une comparaison sur leur différents styles littéraires.

Il a tenu aussi à citer le premier romancier. Apulée de Madaure qui est un Amazigh pour rappeler la grandeur et l’apport de la civilisation Amazigh, souvent négligé par les historiens ou attribué à tord à d’autres civilisations arabe ou Européenne.Puis il a présenté les personnages de son roman les situant dans le contexte réel de la société algérienne et Kabyle en particulier.

L’auteur a insisté au cours de la conférence pour dire que par ce roman « Allah au pays des enfants perdus », il veut provoquer le réveil des consciences kabyles pour réagir face à l’hydre à double tète l’une représentée par le pouvoir militaire et l’autre par l’islamisme, qui toutes les deux conjuguent leur effort pour éradiquer la civilisation kabyle/Amazigh au profit de la seule culture arabo islamique, même au pris de détruire toute l’Algérie.

Il dira en substance qu’un peuple qui ne défend pas sa liberté et sa dignité est mur pour l’esclavage.

Puis est venu le moment du débat où Nora la secrétaire de l’association devait s’imposer pour distribuer la parole par ordre de demande aux nombreux participants qui voulaient tous intervenir.

Questionné entre autre sur sa position par rapport au projet de l’autonomie de la Kabylie, il dira que l’autonomie est la seule voie de salut aussi bien pour la Kabylie que pour l’Algérie.

La conférence débat s’est terminée très tard, au-delà du temps prévue, les organisateurs et l’assistance ont longuement exprimé leurs vives émotions de joie et de bonheur de cette rencontre avec Karim AKOUCHE et l’on remercié pour son déplacement et pour sa belle prestation littéraire.

Néanmoins un incident s’est produit au cours de ce débat où une dame se disant Kabyle a vivement protesté contre le fait que des questions soient posées en Kabyle.

La présidente de l’association voulant la calmer en lui proposant la traduction, mais celle-ci se plaignait encore plus du racisme des Kabyles, puis elle a quitté la salle.

De nombreux participants se sont posés des questions sur les réelles motivations de sa conduite, pensant qu’elle était en service commandé.

Tamurt.info (Marseille), par Kader DAHDAH