Karim Tabbou, populisme, opportunisme et connivence avec le général Toufik

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Karim Tabou
Karim Tabou

CONTRIBUTION (TAMURT) – J’ai visionné avec effroi la vidéo dans laquelle Karim Tabbou s’en est pris au drapeau fédéral amazigh dans un lieu symbolique : l’université de Da Lmulud à Tizi-Wezzu. Au moment où les Arabes algériens « tolèrent » cet emblème, un Kabyle fait son cinéma et se permet de le torpiller sous prétexte qu’il nous faut juste un seul et unique drapeau.

Karim Tabbou, qui à défaut d’une vision politique claire utilise Da Lhocine comme fonds de commerce, ignore que le petit pays où résidait celui qu’il a éjecté du poste de premier secrétaire en 2011, possède 23 drapeaux. Heureusement que le ridicule ne tue pas! Cependant, il fallait bien se racheter auprès des gens deBordj Bou Arreridj et envoyer un signal fort au vieux général, le vrai chef d’orchestre de cette « révolte du fabuleux peuple algérien ». D’après plusieurs sites d’information, des émissaires de Reb El Zair auraient rencontré Tabbou pour lui proposer de jouer un rôle dans la deuxième république. Jugeant son comportement hystérique, on peut aisément constater que Tabbou est prêt à se rouler dans la merde pour se propulser au-devant de la scène de cette nébuleuse révolte.

La recette magique, taper sur du kabyle comme gage de soumission. Le message était spécialement destiné pour un certain auditoire, que le fils d’At Bouadou a tenu à le redire en arabe dans une mise en scène digne d’un film indou. Par ailleurs, Tabbou peut bien remercier la personne qui lui a offert cette occasion inespérée. Excuses ou pas, le mal est fait. Un travail acharné de sensibilisation de plusieurs années de militants sincères sur le terrain, risque de partir en fumée en quelques secondes à cause d’une phrase malheureuse. Mais bon, quand on crée un vide autour de soi et on construit sur du sable, ce genre de dérapage est inévitable.

Revenons à Tabbou et sa gymnastique politique. Lors de son passage à l’émission Iminigen n Yid de Mourad Atmimou, l’excellent journaliste de Zaïr Tv, Karim Tabbou, a « tabousé » tous les sujets. Au journaliste qu’il lui demande sa position par rapport à la laïcité, Tabbou évoque vaguement l’État de droit! Quid de l’article deux de la constitution qui stipule que l’islam est religion de l’État? Pensant inconsciemment à la réaction des Arabes algériens, Karim Tabbou a esquivé la question. Même combine quand on lui demande son avis sur les autonomies régionales. Plus tard, plus tard, répondit-il, oubliant que le FFS avait proposé cette voie en 1978. Le seul programme de Karim Tabbou, sont des formules creuses, passe partout.

Karim Tabbou, pour ce qui l’avait oublié, a été tassé de son poste de premier secrétaire du FFS par Ait Ahmed en 2011 en raison de ses méthodes staliniennes. Des centaines de militants ont été victimes de ses purges à répétition. Plusieurs témoignages évoquent un homme colérique qui n’a pas hésité à utiliser la violence physique contre les militants de 1963 pour les empêcher d’accéder au siège du parti. Durant son règne son partage (2007-2011), le FFS s’est vidé de ses compétences et a connu une saignée irréversible. En froid avec Ait Ahmed, Karim Tabbou a conduit la liste FFS aux législatives de 2012 dans la wilaya d’Annaba! Haha, de Tizi-Wezzu bien sûr! Tabbou n’a pas participé à la compagne électorale, mais a attendu d’être élu sous la bannière FFS pour régler ses comptes avec le cabinet noir de son parti en l’accusant d’avoir accepté des sièges non gagnés à Constantine, à Bordj Bou Arreridj et à Tubirett. Quelle audace!

Toutefois, le vrai courage aurait été de quitter le parti AVANT les élections et de se présenter comme indépendant, au lieu de profiter du nom du FFS pour se faire élire. Mais l’appât du gain est grand : 35 millions par mois plus plusieurs privilèges durant cinq ans pour un rôle de figurant au parlement algérien. Au diable les électeurs de Tizi-Wezzu, Karim Tabbou a profité de son strapontin à l’APN pour se faire un nom au lieu de s’occuper des problèmes de ses électeurs comme l’aurait fait un député helvétique. De plus, se rendant compte qu’il ne jouera qu’un rôle du figurant, le révolutionnaire Tabbou, aurait dû démissionner comme son ancien camarade Mostapha Bouchachi. Encore une fois, les 35 millions par mois avant les principes politiques.

Rappelons enfin que Karim Tabbou, a passé sept longues années à l’université de Tizi-Wezzu pour obtenir une licence en économie. En dehors de son rôle de figurant à l’assemble algérienne en contrepartie de 35 millions par mois, on ne lui connait aucune expérience professionnelle ni publication. Vive l’élite de la deuxième république!

Linda At-Wali