Karima (Yamina) Nait Sid : – L’incarnation de la modernité et de l’authenticité kabyle

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Militante active du Mouvement culturel Berbère (MCB), membre fondatrice de l’association Tighri n Temettut aux cotés de la regrettée Nabila Djahnine, Karima Nait Sid est, pour moi, le souvenir du courage, de la sagesse, de l’authenticité, de la modernité et de la maturité du combat sincère de la femme Kabyle.

Je l’ai connu au milieu des années 1990, cette décennie marquée par l’effervescence de l’action politique en faveur de la question identitaire en Kabylie.

C’était le moment de la maturation de la question kabyle qui commençait à prendre une nouvelle trajectoire et qui remettait en cause l’ancienne formulation du combat Amazigh réduite à son expression purement linguistique.

Parallèlement à ma rencontre avec Karima, notre combat commençait à prendre sa trajectoire naturelle, celle de la prise en charge et de la mise en avant de la particularité kabyle.

En Juin 1998, j’ai publié, dans le quotidien Le Matin, une contribution pour consolider cette nouvelle orientation du combat identitaire et pour soutenir la nouvelle formulation exprimée dans une pétition en faveur de l’autonomie linguistique et culturelle. Karima était la première militante qui a salué cette réflexion.

Malgré le droit de réserve des magistrats, elle a continué à assumer, avec nous, son combat au MCB/Rassemblement National présidé par Ferhat Mehenni.

Elle a osé défier toutes les règles et les obligations de son poste, en accueillant souvent nos réunions dans son appartement à Tizi-ouzou.

Une année plus tard, le 13 juin 1999, l’annonce de son décès a été, pour moi, telle une balle en plein cœur.

Certes, Karima a disparu mais ses aspirations sont assumées par ses camarades de luttes, ses sœurs et sa courageuse mère Nna Nouara.

Repose en paix camarade.

Moussa Nait Amara, conseiller auprès du Président du MAK