Kidnapping de Fréha : mort du blessé, les criminels à la solde du pouvoir algérien sévissent en Kabylie

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KABYLIE (Tamurt) – Le martyr s’appelle Slimana Hidouche. Il a laissé derrière lui une veuve et cinq orphelins. L’enterrement de feu Hidouche Slimana aura lieu aujourd’hui, Samedi 20 Novembre, à son village natal Imekhlef, commune de Fréha.

Eh bien, voilà, les criminels à la solde de l’Administration Centrale d’Alger viennent de commettre un crime de sang. Que faut-il à présent écrire ou dire à ce sujet ? Est-ce que vraiment des mots peuvent faire renoncer les ennemis de la Kabylie à leur plan destructeur et diabolique ? Ce n’est certainement pas avec des mots qu’on peut faire entendre raison à des personnages ayant toujours vécu dans et avec le crime.

Cependant, l’Administration Centrale d’Alger doit avoir suffisamment d’intelligence pour comprendre que cette énième agression contre la Kabylie ne peut que renforcer celle-ci dans sa détermination à arracher sa liberté. Car, si Hidouche Slimana est mort, il reste encore des millions de Hidouche Slimana. Il faut que Qu’Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia et leurs maîtres d’ici et d’ailleurs comprennent cela.

En attendant, nos lecteurs doivent savoir comment un homme comme Abdelaziz Bouteflika a réussi à occuper le fauteuil d’El-Mouradia pour mieux comprendre pourquoi au jour d’aujourd’hui, les algériens en général et le peuple kabyle en particulier souffrent le martyr. Connu et fiché pour avoir commis quelques petits larcins au temps où il était ministre des affaires étrangères, les militaires et certains civils du sérail ont pensé pouvoir exercer sur lui du chantage afin de conduire les affaires du pays comme ils l’entendent. Ces maîtres chanteurs de la 25e heure ont commis l’erreur de sous-estimer leur homme car lui aussi a brandi la carte du chantage.

Effectivement, Abdelaziz Bouteflika connaît un bout sur l’histoire de la décennie dite « noire ». Autrement dit, il connaît les véritables raisons de la violence « terroriste », ses commanditaires et les auteurs impliqués dans les massacres de populations. De cette partie où il n’y a ni vainqueur ni vaincu, un compromis est vite trouvé : l’ennemi commun, à savoir la Kabylie. Maintenir la Kabylie dans le cycle de la violence permet de détourner l’attention sur la gestion du pays où, semble-t-il, il y a plusieurs milliards de dollars en jeu. Certains personnages, toujours les mêmes d’ailleurs, ne sont pas prêts de partager avec les algériens cette richesse. En 1992, il était question de faire oublier aux Algériens la nécessité de révolte qui pouvait balayer le régime. Aujourd’hui, il est question de faire éviter le partage de richesses. C’est dans ce contexte que la Kabylie est toute désignée pour maintenir le climat de terreur. Un homme en danger de mort pense avant tout à sauver sa vie.

Quant à Monsieur Ahmed Ouyahia qui appartient à la caste de laquais, voire de liges, son rôle consiste à endosser la responsabilité de l’échec contre paiement. Quand des pressions et des critiques commencent à peser sur lui, il tente de répandre la propagande selon laquelle son rôle véritable consiste à « atténuer le mal ». « Il n’est pas facile au gouvernement que je dirige d’appliquer le programme tracé initialement quand il a devant lui des généraux plus égoïstes que de raison et stupides jusqu’à la moelle », avait-il l’habitude de répéter à certaines oreilles qu’il savait loin d’être « sourdes ». Maintenant si Ahmed Ouyahia est honnête et courageux comme il tente de le faire croire, qu’il cite les noms de ces généraux qui veulent avoir toute l’Algérie à eux tous seuls. Le commun des mortels sait parfaitement qu’il y a dans ce pays des généraux – peut-être la plus part d’entre-eux – qui ne vivent que de leurs salaires.

Il se trouve aussi que jusqu’à aujourd’hui, aucune voix n’a dit que Ahmed Ouyahia se contente uniquement de son salaire. Autrement dit, rien ne prouve que le premier ministre algérien ne prélève pas un certain pourcentage dans les recettes pétrolières. D’ailleurs, il n’a jamais expliqué où va la différence entre 37, 5 dollars, base de calcul du budget national et le montant du baril du pétrole qui n’est pas descendu depuis plusieurs années du seuil de 75 dollars. Mieux encore, Ahmed Ouyahia n’a jamais convaincu quiconque que la SONATRACH ne produit que 10 4400 barils de pétrole par jour. A vouloir trop jouer avec le feu, on finit par se brûler.

L’Administration Centrale d’Alger, l’héritière directe de la France coloniale en politique et en méthode de gestion, ne semble pas tirer les leçons du passé. La France coloniale a pensé que maintenir une agression constante contre les algériens pouvait lui assurer longévité en Algérie. La suite lui prouva ce qu’on connaît. Aussi, continuer ses agressions contre la Kabylie, l’Administration Centrale d’Alger ne fait en réalité que rapprocher l’échéance de l’autonomie tant revendiquée.

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