Kurdistan: Appel à manifester samedi 14 novembre à gare de l’Est à 15h

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Paris (Tamurt) Depuis le 24 juillet, l’État turc sème la terreur et la guerre au Kurdistan, sous couvert de « lutte contre le terrorisme ». Les attaques de l’armée et de la police turques ne sont pas uniquement dirigées contre le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) ; elles visent surtout les civils kurdes. Les forces de sécurité attaquent délibérément les villages kurdes, allant jusqu’à détruire les cimetières.

Rejetant le résultat des élections législatives du 7 juin dernier qui ont privé son parti, l’AKP, de la majorité absolue, le Président turc Recep Tayyip Erdogan a provoqué cette guerre dans le but d’établir son emprise totale sur le pouvoir. Il a contraint la population à retourner aux urnes le 1er novembre, dans un climat de tension et de guerre qui a permis cette fois-ci à l’AKP de remporter la majorité absolue des sièges à l’Assemblée nationale.

Dès le lendemain des élections, l’État turc a intensifié les offensives et les exactions contre le peuple kurde, poussant le PKK à mettre fin à la trêve unilatérale décrétée avant les élections législatives du 1er novembre. Depuis le 2 novembre, la ville de Silvan, dans la province de Diyarbakir, est soumise à un couvre-feu. Après 10 jours de blocus, le bilan est lourd : au moins 10 civils ont été tués ; des centaines d’habitations et de commerces ont été détruits ou endommagés

Depuis 10 jours, tous les commerces, y compris les boulangeries et les pharmacies, sont fermés. Partout dans la ville sont positionnés des chars et des véhicules blindés de toutes sortes. Il ne s’agit pas là de mesures de sécurité, mais d’une guerre contre les Kurdes. Avant Silvan, des attaques similaires ont eu lieu à Cizre, Gever (Yuksekova), Silopi, Diyarbakir, Varto, Sirnak, …

Elles visent à réprimer la volonté des Kurdes qui revendiquent la démocratisation de la Turquie et l’instauration d’un système local d’autogestion. En réprimant la volonté du peuple kurde, la Turquie ferme la porte aux libertés, à la démocratie et à la paix.

Aujourd’hui, face aux attaques des forces de sécurité, la population de Silvan résiste pour sa liberté et sa dignité. Cette résistance est aussi estimable que celle de Kobanê.

Nous appelons à la solidarité avec la résistance de Silvan et, plus généralement, avec la lutte du mouvement kurde ;

Nous appelons la communauté internationale, les défenseurs des droits humains et toutes les forces démocratiques à agir immédiatement pour :

–   stopper les attaques et les exactions commises contre les civils, à Silvan et dans les autres villes du Kurdistan,

–   dénoncer la politique de guerre de l’AKP,

–   faire pression sur la Turquie pour la reprise du processus de paix.

Tamurt