La crise en Algérie est pire qu’en 1991

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Manifestation contre le systeme en Algerie
Manifestation contre le systeme en Algerie

ALGERIE (TAMURT) – Tous les indicateurs sont au rouge en Algérie où tout porte à croire que la situation de crise politique inextricable que vit le pays depuis le 22 février dernier est bien pire que celle traversée au lendemain de l’interruption du processus électoral en 1991 après que le parti intégriste, le Front islamique du Salut (FIS), ait remporté la victoire.

Aujourd’hui, des millions d’Algériens sortiront pour le onzième vendredi d’affilée pour manifester contre le pouvoir algérien. Ils dénonceront surtout les résidus du régime de Abdelaziz Bouteflika que représentent notamment l’actuel chef de l’état par intérim Abdelkader Bensalah et le Premier ministre Nourredine Bedoui qui ont été désignés tous les deux par Abdelaziz Bouteflika et qui ont toujours été des soutiens indéfectibles au président démis et ce, tout au long des vingt années de règne du même président.

Au fil des semaines, la crise ne cesse de s’accentuer et même l’état major de l’armée algérienne qui gère les affaires du pays depuis le 22 février 2019 et plus particulièrement depuis la démission de Bouteflika peine à trouver une issue à cette situation qui satisferait les Algériens qui ne cessent de revoir à la hausse leurs revendications. En effet, si au départ, les marches visaient à exiger le départ de Bouteflika, au fils des semaines, les Algériens ont commencé à brandir d’autres revendications en exigeant le départ de toutes les figures politiques ayant appuyé Bouteflika tout au long de ses quatre mandats. Puis encore, ils sont passés à une autre étape : celle de demander le départ de tout le système politique qui a dirigé le pays depuis 2019. Et depuis au moins deux semaines, les choses se sont envenimées avec l’apparition d’une autre revendication : celle du départ de Ahmed Gaid-Salah, chef d’état major de l’armée algérienne et présenté comme étant l’homme fort du moment.

En l’absence de tout interlocuteur valable et crédible, puisque même Gaid Salah est en passe d’être disqualifié par le peuple, on se demande qui fera office d’interlocuteur valable à même de mener des négociation avec les représentants du peuple. En plus, en dépit de la grande mobilisation des Algériens, aucun consensus n’a pu être trouvé au sujet de l’identité des personnalités qui feront l’unanimité et qui mèneront des négociations avec le pouvoir au cas où un terrain d’entente venait à être trouvé entre les deux parties. Des personnalités politiques comme Zoudida Assoul, Mustapha Bouchachi et Karim Tabou, auxquelles on a tenté de fabriquer l’habit de « dignes représentants du peuple », se sont avérés n’être que des géants aux pieds d’argile. Contrairement à la crise de 1991, l’armée algérienne a du mal à trouver de vrais relais dans les rangs de la population pour conduire la transition.

Tarik Haddouche

1 COMMENTAIRE

  1. Ils ont posé mal la question. Ne s’agissant pas d’une crise politique mis d’une crise identitaire qui tente de trouver ses raisons politiques, une impasse sémantique utile au régime qui est interessé par cacher ses fondements qui sont sous tensions. Avant meme la descente en enfer le régime avait simplement chassè un Berzidan du parloir en recourant à la fermeture pure et simple de « l’institution » puis les memes qui voulaient vendre un 5 ème mandat se font les garants de la revolutionette. En sommes, ils veulent sauver les meubles, les leurs, au prix d’enfouissement encore une fois des causes, qui sont dans le manque de lien entre Etat et peuple où les « institutions » fictives cachent un pouvoir d’ordre féodal.

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